Données personnelles : 57 % des consommateurs imputent la responsabilité aux entreprises

Huit Français sur dix souhaitent limiter leurs informations personnelles en ligne. [© K.KUDRYAVTSEV / AFP]

Scandales à répétition, entrée en vigueur du RGPD et piratages massifs, l'année 2018 a mis l'usage des données privées au cœur de l'actualité numérique. En 2019, le grand public reste inquiet, alors que les entreprises s'organisent sur le plan de l'éthique et de la cybersécurité, selon une étude publiée ce mercredi 13 février par RSA Security.

La société américaine, spécialiste de la question, a mené une vaste enquête internationale, dans quatre pays (France, Allemagne, Etats-Unis et Royaume-Uni). Il en résulte que 57% des sondés imputent aux entreprises la responsabilité des incidents liés aux données, même en cas de piratage par des tiers. En outre, 48% estiment qu'elles «disposent de moyens éthiques concerant l'usage de leurs informations personnelles».

«Depuis ces deux dernières années, il y a une prise de conscience très forte de la part des particuliers sur cette question. Toutefois, on constate des différences culturelles quant à la manière de voir cette crise. Ainsi, les pays anglo-saxons mettent principalement en cause les hackers, tandis qu'Allemands et Français adressent leurs reproches aux entreprises», souligne Bernard Montel, directeur technique chez RSA.

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L'étude souligne d'ailleurs qu'Outre-Rhin, la question de la protection des données est prise très au sérieux par le grand public. Ainsi, suite à l'entrée en vigueur du RGPD en 2018, 42% des Allemands veulent une protection particulière à propos des données récoltées autour de la localisation des individus, alors qu'il n'étaient que 29% en 2017.

Sur ce point, l'Allemagne est un cas particulier, puisque «depuis la seconde Guerre Mondiale, le passé du régime nazi a poussé le pays à légifiérer très tôt sur les données personnelles. Les entreprises n'ont d'ailleurs pas le droit de stocker des informations privées sur leurs salariés», commente Bernard Montel.

Un effet RGPD

De leur côté, les Français s'y intéressent également davantage. Toutefois, seulement un quart d'entre-eux disent mieux comprendre la protection des données depuis la mise en place du RGPD. En outre, 24 % déclarent lire les clauses de consentement liées au partage des données récoltées par les sociétés. «Ce sujet est pris très au sérieux par la France, qui a été le premier a se munir d'un organe comme la CNIL dès 1978, rappelle Bernard Montel. Toutefois, le RGPD a accéléré les choses.» Avant d'ajouter : «on relève une autre particularité française, puisque 22 % des sondés tricolores ont tendance à dire 'c'est pas moi, c'est l'autre', alors que seulement 8 % des Américains le font. Ce qui est révélateur d'un degré de responsabilité individuelle plus poussée outre-Atlantique».

Au final, huit Français sur dix souhaitent limiter leurs informations personnelles en ligne, précise l'étude RSA. Et si 79 % craignent de perdre leurs données bancaires et financières, 72 % ont également peur de se faire usurper leur identité, voire de constater la divulgation de données privées, pour 51 % d'entre eux.

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