Mario Queiroz (Google) : «les smartphones premium sont devenus très chers»

Mario Queiroz est notamment en charge de la conception des mobiles chez Google. [© Google]

Dans le cadre de sa conférence Google I/O, la firme de Mountain View a levé le voile sur ses nouveaux smartphones Pixel 3a. CNEWS a pu interviewer en exclusivité leur père, Mario Queiroz, vice-président des produits consommateurs chez Google.

L'homme qui fut derrière la gamme Nexus, premiers mobiles estampillés du fameux G de Google, est aujourd'hui à la tête des smartphones Pixel. Avec les derniers Pixel 3a, il entend renouer avec des produits plus grand public et abordables.

Pourquoi tenez-vous toujours à produire vos propres mobiles, dans ce marché ultraconcurrentiel ?

En proposant Android, nous avons développé de nombreux partenariats avec des constructeurs de mobiles pour qu'ils l'intègrent à leurs smartphones. Toutefois, nous croyons qu'il est important de développer nos propres produits hardware, car nous voulons proposer une expérience complète autour de nos applications et nos services.

Pour cela, nous devons faire de notre mieux pour développer ce hardware. Une fois combiné au software, cela offre de meilleurs résultats. Nous croyons également que nous avons développé le meilleur appareil photo pour mobiles. Nous sommes parvenu à ce résultat en sélectionnant chaque composants du capteur, pour qu'ils se combinent avec notre système d'intelligence artificielle.

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Le positionnement plus abordable du Pixel 3a (moins de 400 euros) est-il révélateur d'une nouvelle politique de votre part ?

Nous continuerons à développer des smartphones premium, car nous souhaitons toujours innover.

Toutefois, nous avons constaté qu'au fil des ans, les mobiles haut de gamme sont devenus très chers, avec des modèles dépassant les 1.400 euros. Parallèlement, les expériences premium que l'on peut avoir avec un smartphone sont devenues moins accessibles.

Nous avons donc voulu créer un mobile qui apporte des expériences premium pour un prix moitié moins cher que les portables haut de gamme. Il ne s'agit pas ici de déprécier les choses. Nous croyons surtout qu'avec les capacités logicielles que nous avons développées, nous pouvons offrir d'excellentes expériences, comme c'est le cas avec l'équipement photo du Pixel 3a, par exemple.

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Google a racheté la division mobile d'HTC, comment cela se traduit-il dans les faits ?

Début 2018, nous avons acquis une grande partie de l'équipe d'HTC. Une société qui a une expérience reconnue dans le développement des smartphones. Ils ont joué un rôle important dans le développement des Pixel 3a, à la fois sur les plans hardware et software. Cette acquisition, nous a permis d'élargir la gamme Pixel. Nous avons également développé nos chaînes de fabrication des Pixel, afin d'offrir une disponiblité immédiate de nos produits dans de nombreux pays, dont la France.

L'intelligence artificielle est un point important pour Google. Son usage permet d'ailleurs de sortir la gamme Pixel du lot. Outre la photo où vous avez démontré votre savoir-faire, quel autre aspect d'un mobile souhaitez-vous développer grâce à l'IA ?

Google Assistant inclus déjà de nombreux services liés à l'IA. Aux Etats-Unis, nous avons également le système Call Screen qui permet de transcrire par écrit un texte dicté à la voix. Ce dispositif est intéressant pour notamment éviter de répondre à des appels ayant pour but du démarchage commerciale.

En réalité, l'IA permet vraiment d'optimiser de nombreuses choses sur un mobile, y compris l'usage de la batterie, par exemple.

Quel bilan tirez-vous du lancement du Pixel 3 en fin d'année dernière ?

De manière générale, c'est un smartphone qui a été très bien perçu par les consommateurs. Il est vrai que le marché du mobile est très difficile. La croissance est retombée, car les gens conservent leurs téléphones plus longtemps. Nous avons développé le Pixel 3a pour répondre au constat que je mentionnais plus tôt : les mobiles premium sont devenus très chers, mais les gens veulent profiter des mêmes expériences.

Google prépare activement son arrivée dans le milieu du cloud gaming, avec Stadia. Le Pixel 3a sera-t-il compatible avec ce service ? Envisagez-vous également de proposer un smartphone pensé autour du jeu vidéo ?

Je ne peux pas répondre sur le point abordant le service Stadia. Ce que je peux dire, c'est que chez Google nous cherchons à apporter tous les services que nous développons et à les optimiser pour les smartphones Pixel. Nous travaillons en étroite collaboration avec nos collègues.

Parallèlement, d'autres constructeurs, comme Samsung et Huawei, montrent déjà leurs smartphones à écrans pliables. Cette technologie vous intéresse-t-elle ?

Oui, vraiment. Cette technologie n'en est qu'à ses débuts et il est dommage de constater qu'il y ait eu quelques problèmes avec certains mobiles. Nos ingénieurs travaillent sur cette innovation prometteuse, mais il est important que celle-ci soit utile pour les consommateurs. Se contenter d'ouvrir un écran n'est peut-être pas encore si utile, encore faut-il apporter la bonne expérience utilisateur ou le bon design.

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