On a testé Death Stranding, un jeu mémorable mais qui ne plaira pas à tout le monde

Sam Porter, le héros du jeu, est incarné par l'acteur Norman Reedus. [© Sony]

Une star du jeu vidéo. Le Japonais Hideo Kojima, auteur de la saga des Metal Gear Solid, livre avec Death Stranding, sa première œuvre. Oui œuvre, et non pas jeu.

Car l'homme est considéré par de nombreux fans comme un créateur à part. Il faut en tout cas reconnaître que Death Stranding, qui sort ce vendredi 8 novembre sur PS4 -et l'été prochain sur PC- n'est pas un jeu calibré comme les habituels blockbusters du jeu vidéo. Adeptes des titres vite joués, vite consommés, passez votre chemin ! Death Stranding est une aventure qui se mérite, qui se savoure diront certains.

Autant être clair, comptez une quinzaine d'heures de jeu avant de prendre vos marques et d'y voir plus clair dans cet univers teinté de SF un brin mystérieux. Hideo Kojima dépeint ici un avenir sinistre. Dans ce monde dévasté par des explosions, d'étranges créatures rôdent… les fameux Death Stranding, tandis que la pluie a pour action d'accélérer le processus de vieillissement des êtres vivants.

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Kojima parle du temps qui passe, des secondes qui s'égrainent, mais aussi du cycle de la vie. Death Stranding est un jeu qui porte un véritable discours sur la fin d'une époque, d'une civilisation. Le jeu interroge sur la place de l'homme autant que sur sa destinée, avec une pointe de pessimisme et de résignation. Rare sont les jeux qui invitent le joueur à la réflexion, voire à l'introspection. En cela l'œuvre du Kojima occupe une place à part.

Reste qu'il faut avoir le temps. Prendre le temps d'accompagner le héros Sam Porter (incarné ici par l'acteur Norman Reedus, le Daryl de la série The Walking Dead) dans ses pérégrinations pédestres. Les premières heures de jeu sont lentes. Presque lassantes. Comme pour mieux partager l'âpreté de ce monde lugubre et dévasté où déambulent ces ombres malveillantes. Sam Porter livre aux rescapés de quoi survivre. Une route parfois longue et toujours semée d'embuches. On gère l'usure de ses chaussures, sa fatigue et même ses petits besoins pressant. Réaliste, presque pesant pour un jeu vidéo. Mais l'immersion dans l'univers et l'imaginaire de Kojima est sans doute à ce prix.

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Les premiers instants dans ce monde (ouvert) sont périlleux. L'exploration et la découverte sont au cœur de cette aventure un brin absconse. Pour tout dire, on ne comprend pas forcément tout. On débarque là un peu perdu. Désemparé. Il faut progresser. Toujours prendre le temps, de lire les indices, de discuter, de comprendre. Rien d'instantané ici. En cela, Death Stranding ne ressemble en rien aux autres jeux dans lesquels il faut impérativement que le joueur s'accapare les mécaniques le plus rapidement possible. En dehors des chemins battus on vous dit.

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Reste qu'en termes de mécaniques de jeux vidéo, Death Stranding n'est pas parfait. Les combats manquent singulièrement de souffle épique, alors que l'histoire est sans doute inutile, alambiquée pour ne pas dire carrément cryptique par moment.

Une dimension multijoueur originale

Pourtant, le titre innove aussi en proposant une dimension multijoueur à la fois originale et brillante. Si l'on évolue seul dans ce monde, on interagit indirectement avec la communauté des autres joueurs. Sans les voir, on peut, en participant à la construction de ce monde, avoir un impact sur les parties des autres joueurs. Un pont construit par d'autres joueurs dans leur propre partie peut apparaître dans la vôtre. Une façon intelligente de rappeler les vertus de la civilisation où l'on est généralement plus fort à plusieurs que seul. Ces interactions indirectes sont d'ailleurs systématiquement positives. Une façon unique d'apprécier de jouer avec d'autre… tout en restant seul. «On est toujours tout seul au monde», chantait Fabienne Thibeault.

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Death Stranding est un titre à part, comme on l'attendait de la part d'un artiste comme Hideo Kojima. Intelligent et original, le titre peut se targuer d'être un «jeu indépendant» avec des moyens de blockbusters. D'autres personnalités de renom accompagnent Norman Reedus au casting : Mads Mikkelsen (Casino Royale, Doctor Strange), Guillermo Del Toro (La forme de l’eau, Hellboy) ou encore l’actrice française Léa Seydoux (La vie d’Adèle, 007 Spectre).

Une vision différente du jeu vidéo qui ne fera pas l'unanimité auprès des joueurs adeptes de plaisirs plus instantanés. Pour les autres, l'aventure, sans être parfaite en termes de rythme ou de réalisation, sera assurément mémorable.

Death Stranding, Sony, le 8 novembre sur PS4 et pour l'été 2020 sur PC.

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