A Davos, Facebook veut bombarder Daesh avec des «likes»

De nombreuses entreprises de la Silicon Valley s’interrogent sur la manière dont elles peuvent s’impliquer davantage dans la lutte contre Daesh. [JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP]

Sheryl Sandberg, directrice générale de Facebook, s'est exprimée le 20 janvier 2015 dans le cadre du Forum économique mondial de Davos, sur la lutte contre le recrutement de jihadistes sur Internet. Elle évoque la possibilité de combattre l'organisation terroriste par l'intermédiaire de "likes". 

«Les 'likes' peuvent contribuer à arrêter les recruteurs de Daesh», a-t-elle expliqué, prenant en exemple un procédé déjà éprouvé en Allemagne où des utilisateurs du réseau social ont sciemment «aimé» la page Facebook du NDP (Parti national-démocratique d’Allemagne), ouvertement néo-Nazi, afin de pouvoir y poster des textes tolérants et anti-racistes. «Ce qui était un espace de haine s’est transformé en un lieu rempli de messages d’espoir», a expliqué la numéro 2 de Facebook.

Au-delà ce geste, la dirigeante précise que dans cette lutte, «les voix des repentis recrutés sur internet, c’est-à-dire celles et ceux qui ont vécu cette expérience et en sont revenus pour dire la vérité, sont de loin la meilleure réponse aux discours de haine diffusés par les terroristes».

Prise de conscience à la Silicon Valley

Autrefois peu concernées, de nombreuses entreprises de la Silicon Valley s’interrogent désormais sur la manière dont elles peuvent s’impliquer davantage dans la lutte contre Daesh. Une réflexion bien accueillie à Londres, Berlin et Washington, qui estiment que ces compagnies n’en font pas assez pour protéger les usagers civils des risques liés à la propagande terroriste.

Il y a deux semaines, une réunion à hui clos a réuni les principaux dirigeants de la Silicon Valley et des hauts-responsables américains de la sécurité intérieure. Objectif : trouver des solutions pour enrayer l'enrôlement de combattants par le biais d'internet, un outil dont Daesh se sert massivement à travers Facebook, YouTube et Twitter.

Selon le Guardian, des officiels américains se sont enquis auprès de Sheryl Sandberg au sujet d’une technologie de prévention développée par Facebook. Elle permet aux utilisateurs de signaler les contenus de nature inquiétante (commentaires dépressifs ou suicidaires) postés par leurs contacts. Un système similaire pourrait-être conçu pour exposer les usagers du réseau social montrant des signes de radicalisation. 

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