Philippe Labro est récompensé pour «sa brillante carrière». Le journaliste et écrivain Philippe Labro recevra ce soir le prix Scopus, lors d’une cérémonie animée par Claire Chazal au Théâtre des Champs-Elysées. Cette récompense est décernée chaque année par Les amis français de l’université hébraïque de Jérusalem à une personnalité engagée dans des actions éducatives, culturelles ou sociales. Un honneur pour lui, qu’il attribue à l’attitude de ses parents durant la Seconde Guerre mondiale.
A quoi penserez-vous au moment de recevoir ce prix ?
A la lecture du nom des personnes qui ont reçu le prix, Simone Veil ou Robert Badinter, on se sent très humble. Sans fausse modestie, je me suis dit que je n’étais pas à la hauteur. Mais c’est une façon de perpétuer la mémoire de mes parents, grâce à qui j’ai toujours en tête les notions de devoir et de solidarité.
Vous leur dédiez ce prix ?
C’est une évidence. Ils sont honorés par Yad Vashem comme des Justes parmi les nations. C’est l’une des principales raisons pour lesquelles ce prix m’est décerné. En quelque sorte, je le reçois en leur nom. Pendant la guerre, mon père et ma mère ont hébergé et caché des juifs dans notre villa de Montauban. Le premier étage a même été réquisitionné par un officier SS mais mes parents n’ont pas arrêté de protéger des couples de juifs dans la buanderie. J’avais 6 ans. J’ai mis trente ans à comprendre cette histoire que je raconte dans mon livre Le petit garçon.
Vous étiez récemment en Israël…
Les amis français de l’université hébraïque de Jérusalem m’ont invité à visiter l’université. Cela m’a permis de mieux comprendre le trésor cérébral dont elle dispose. L’université possède 90 centres de recherche qui font des travaux passionnants, notamment sur le cerveau (les bénéfices de la soirée seront versés à un centre de recherche sur la maladie de Parkinson, ndlr).
Qu’avez-vous ressenti lors de votre visite de Yad Vashem ?
C’est un moment bouleversant. Quand vous sortez du mémorial, vous êtes accablé par ce que vous apprenez de nouveau. On ne peut pas ne pas avoir de larmes. J’ai également pu
retrouver le nom de mes parents, écrit sur le mur avec ceux de tous les Justes. C’était très fort.