Aller au contenu principal
Toute l’actu en direct 24h/24
Avec notre application gratuite
Installer
En Direct
En direct
A suivre

«Anora» : quand Pretty Woman flirte avec Tarantino dans la dernière Palme d'or cannoise

Quelle sera la carrière en salles de cette nouvelle Palme d'or ? [© Anora productions/LLC]

Le film «Anora», signé Sean Baker, débarque aujourd'hui sur les écrans. La Palme d'or du dernier Festival de Cannes met avant tout en lumière son actrice principale, Mickey Madison, dans la peau de cette stripteaseuse tombée dans un conte de fée pas si enchanteur.

«Anora», version moderne, revisitée et réaliste de «Pretty Woman» ? Ivan, fils pourri-gâté d’un oligarque russe, est en balade à Brooklyn où il dépense sans compter le fric de son milliardaire de papa. Dans un night-club, il fait la connaissance de la superbe Anora. Coup de foudre absolu et fusion sexuelle insatiable : la call-girl et son jeune client copulent comme des lapins des heures durant dans - presque - toutes les positions du Kâmasûtra ; les plus prudes sont prévénus. Une telle symbiose charnelle, forcément, ça crée des liens affectifs…

Et si Ivan demandait Ani en mariage à Las Vegas ? Avec la bénédiction des parents du jeune russe ? Voire…
La première partie du film est en tous points réjouissante, sexy, débridée, ludique et lubrique. Romanesque aussi et plutôt rythmée. La fin, beaucoup plus réaliste et sèche, est vraiment poignante. Entre les deux cependant, ça patine beaucoup. Les scènes s'étirent, les personnages sont parfois dépeints comme des clichés que même Tarantino n’imaginerait plus. Le scénario donne l’impression de se chercher - le film souffre d'un script trop court ou d'un montage trop long - et, esthétiquement, rien n'est vraiment séduisant.

Un duo déséquilibré

Surtout, Sean Baker tombe étrangement dans une certaine facilité en «effaçant» purement et simplement le personnage du jeune Ivan qui méritait mieux que cette sortie de scène. Certes, c’est le droit du réalisateur de choisir ses angles narratifs ; c’est le nôtre de les trouver abscons. Ivan est assurément un grand ado attardé, arrogant, fainéant, vicelard et milliardaire ; fallait-il pour autant en tirer un récit aussi conformiste ? Les parents par exemple, sont comme on les imaginait... Et Anora finira comme prévu, par trouver du charme et de l'intérêt à Igor (on comprend assez vite que ce garde du corps pataud et sensible à la fois sera le personnage le plus intéressant de l'histoire).

«Anora» n’est toutefois pas un film déplaisant, loin de là. Mikey Madison est renversante de caractère, de sensualité et de panache. Le film possède aussi un certain côté intemporel et un hit de générique superbe.
Tout cela suffira-t-il à en faire une Palme d'or inoubliable ayant coiffé au poteau les magistrales «Graines du figuier sauvage» ? Les paris sont ouverts.

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Dernières actualités