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Les femmes à l'honneur : voici les expositions à ne pas manquer en Île-de-France à la rentrée

L'artiste Colette (1873-1954), ici en mars 1910, est mise à l'honneur à la BNF. [© Maurice-Louis Branger / Roger-Viollet ]

Elles ont longtemps créé dans l'ombre masculine, bien qu'assoiffées de briser les normes. Dès cet automne, les musées parisiens remettent les femmes au centre de l'histoire de l'art, avec de nombreuses expositions d'artistes au féminin. 

Lorsque les femmes tiraient le portrait de leur époque. Trop longtemps invisibilisées dans le monde artistique, les femmes prennent aujourd'hui la lumière dans plusieurs musées de la capitale. Un parfum de «girl power» dans des expositions mettant à l'honneur leur talent, leur vision du monde ou leur héritage. 

berthe weill, galeriste visionnaire

© Raoul Dufy, «30 ans ou la Vie en rose» (1931) don de Mathilde Amos, 1955 © CC0 Paris Musées / Musée d’Art Moderne de Paris

Son nom vous est peut-être inconnu, et pourtant Berthe Weill aura su devenir le porte-voix des plus grands noms de l'avant-garde, comme Raoul Dufy (photo), avant même qu'ils ne deviennent rentables. Cette galeriste aura acheté et vendu Picasso alors que sa galerie n'était pas encore ouverte, aura exposé Matisse en 1905 avant le Salon d'Automne et organisé la seule exposition personnelle de Modigliani de son vivant. Des artistes qui, dans cette rétrospective, côtoieront les oeuvres de peintres moins en vue, comme Emilie Charmy, l'une des nombreuses femmes qu'elle aura promu, ou encore Otto Freundlich. Engagée pour la mise en lumière du fauvisme puis du cubisme, c'est au tour de sa détermination et de sa véritable vision de briller sous les projecteurs.

«Berthe Weill. Galeriste d'avant-garde», du 8 octobre 2025 au 26 janvier 2026. Musée de l'orangerie, Paris (1er).

Denise Bellon, pionnière du photojournalisme

Née dans une famille juive, la photographe Denise Bellon aura porté la liberté en étendard. Ayant contribué à la première agence photographique de l'entre-deux guerres, ses reportages engagés aux quatre coins du monde seront le témoin de son engagement sans faille. Avec une oeuvre plurielle et éclectique, celle qui continua à travailler sous l'occupation en masquant sa judéité deviendra la photographe attitrée d'André Breton pour les évènements surréalistes. Une proximité aussi avec le milieu cinématographique, où les visages de Paul Grimault, Marcel Marceau ou Serge Reggiani prennent vie sous son oeil empreint de curiosité et d'indépendance. 

«Denise Bellon, un regard vagabond», du 9 octobre 2025 au 8 mars 2026. Musée d'art et d'histoire du judaïsme, Paris (3e).

Colette, l'indépendance comme horizon

Colette (1873-1954), écrivaine française - Mars 1910 © Maurice-Louis Branger / Roger-Viollet 

Femme publique avant l'heure, Colette aura collectionné les casquettes comme on accumule les timbres. Tantôt comédienne ou journaliste, elle fut l'une des premières femmes à vivre pleinement de l'écriture, en explorant le désir, l'amour, le corps et l'émancipation à travers des oeuvres personnelles, nourries par l'autofiction. De ses manuscrits de «Claudine» aux photographies de la femme de lettres aux boucles noires en passant par des extraits de films et d'entretiens, l'exposition riche en supports dresse un portrait à la fois sensible et engagé de cette écrivaine amoureuse de l'amour, qui comptait Simone de Beauvoir parmi ses ferventes lectrices. 

«Les mondes de Colette», du 23 septembre 2025 au 18 janvier 2026. Bibliothèque François Mitterand, Paris (13e).

Agnès Thurnauer, moulin à paroles

Agnès Thurnauer, «The River Tongue, Matrices», 2021, 26 matrices de lettres en verre par Angélique Pascal, créatrice-artisane d’art verrier. Galeries Michel Rein Paris/ Brussels et East, Strasbourg/Emilie Vialet (© ADAGP, Paris, 2025)

Depuis les années 1990, Agnès Thurnauer interroge le langage comme matière plastique et invite le spectateur à dialoguer avec ses oeuvres. Cet automne, c'est une véritable correspondance qu'elle installe entre ses créations contemporaines et les artistes du XVIIIème, où ses tableaux et sculptures partagent une conversation avec les peintures de Jean-Honoré Fragonard, François Boucher ou encore des femmes de l'époque, que la Franco-suisse de 62 ans a souhaité mettre en valeur. Parmi elles, Madame de Staël ou Emilie du Châtelet, écrivaines et penseuses du siècle des Lumières, pionnières dans l'émancipation des femmes.

«Agnès Thurnauer. Correspondances», du 2 octobre 2025 au 8 février 2026. Musée Cognac-Jay, Paris (3e).

Marie-Antoinette, des goûts de reine

© Ville de Saint-Cloud/Musée des Avelines

La plus célèbre reine de France n'a pas seulement laissé une empreinte au château de Versailles, l'audace de sa jeunesse et ses goûts sophistiqués en matière de décoration auront aussi marqué le château de Saint-Cloud. Une bâtisse cédée à Marie-Antoinette par Louis-Philippe d'Orléans, qu'elle aura métamorphosée en véritable havre de paix. Des rénovations d'envergure qu'elle étendra au-délà des murs du domaine, faisant construire une nouvelle église et déplacant l'hospice locale dans un bâtiment plus grand. Une influence sur la ville aux frontières de la capitale mise en avant dans une exposition, où mobilier raffiné et objets précieux s'entremêlent, symbole d'un héritage féminin.

«Marie-Antoinette, une reine à Saint-Cloud», du 20 septembre au 14 décembre 2025. Musée des Avelines, Saint-Cloud (92).

Avec l'art comme reconquête du pouvoir féminin, d'autres femmes sont également à l'honneur en ce moment dans la ville lumière. L'artiste Niki de Saint Phalle croise son oeuvre avec celle de Jean Tinguely au Grand Palais, où ses célèbres «Nanas» explosent la figure de la femme passive, tandis que Cléopâtre, reine d'Egypte transformée en fantasme masculin, est à l'honneur à l'Institut du monde arabe.

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