Meryl Streep a critiqué la «marvelisation» du cinéma hollywoodien. L'actrice juge les films de super-héros trop simplistes, avec des méchants et des gentils sans nuance. Elle défend au contraire des personnages complexes, imparfaits et plus proches de la réalité.
La formule est cinglante, à l'image des répliques de Miranda Priestly. En pleine promotion du film Le Diable s'habille en Prada 2, Meryl Streep a livré une critique mordante de l'industrie hollywoodienne actuelle, dénonçant la place grandissante des franchises de super-héros et la simplification des personnages à l'écran.
Interrogée sur Hits Radio Breakfast Show aux côtés de Anne Hathaway et Emily Blunt, l'actrice oscarisée a regretté une tendance devenue dominante : «Je pense qu'on a tendance à Marveliser les films aujourd'hui. On a les méchants et on a les gentils, et c'est tellement ennuyeux.»
Une charge à peine voilée contre Marvel Studios, dont les productions ont profondément remodelé les standards du box-office depuis plus d'une décennie.
La défense d'un cinéma plus nuancé
Pour Meryl Streep, la force d'un récit repose au contraire sur l'ambiguïté des êtres et la complexité morale : «Ce qui est vraiment intéressant dans la vie, c'est que certains héros ont des failles et que certains méchants sont humains, intéressants et ont leurs propres qualités.»
Une vision du cinéma qui renvoie à une tradition plus classique d'Hollywood, fondée sur des personnages troubles, contradictoires, parfois insaisissables.
Une sortie qui relance un vieux débat
Les propos de Meryl Streep s'inscrivent dans une critique plus large formulée ces dernières années par plusieurs figures du septième art. La domination des grandes franchises, jugées rentables mais formatées, inquiète une partie du milieu, qui y voit un recul de la prise de risque artistique.
À travers cette déclaration, l'actrice oppose deux visions du cinéma, celle du divertissement calibré et celle d'œuvres portées par des personnages plus complexes.
Le retour de Miranda Priestly en toile de fond
Ce n'est sans doute pas un hasard si cette sortie intervient au moment du retour de Miranda Priestly, personnage aussi redoutable que fascinant.
Figure autoritaire, brillante, parfois cruelle, jamais totalement lisible, elle incarne précisément ces rôles nuancés que Meryl Streep estime désormais trop rares à Hollywood.