Les migrants accueillis chaleureusement en Allemagne

Des migrants se bousculent à la frontière austro-hongroise à Nickelsdorf le 5 septembre pour monter dans un autobus qui les conduira dans de grandes villes en Allemagne ou Autriche [Vladimir Simicek / AFP] Des migrants se bousculent à la frontière austro-hongroise à Nickelsdorf le 5 septembre pour monter dans un autobus qui les conduira dans de grandes villes en Allemagne ou Autriche [Vladimir Simicek / AFP]

Des milliers de migrants ont repris dimanche leur voyage vers l'Allemagne depuis la Hongrie via l'Autriche, Vienne prévenant toutefois que l'ouverture de ses frontières ne pouvait être que temporaire et que l'UE devait trouver d'urgence une réponse commune dans ce dossier.

 

En Allemagne, des armées de volontaires se sont mobilisées dans les gares de Francfort et de Munich, dans le sud et dans l'ouest, pour accueillir les nouveaux venus avec des panonceaux "Bienvenue en Allemagne" et leur offrir nourriture, habits et couvertures.

"Beaucoup de migrants ne comprennent pas pourquoi il y a toute cette agitation et me demandent que veulent ces gens", confie Lara Sabbagh, une bénévole, à Francfort. "Ils ne comprennent pas tout de suite qu'ils sont là pour les accueillir!"

Après une pause durant la nuit, un millier de migrants ont quitté dans la matinée la gare de Budapest-Keleti et plusieurs centres d'accueil hongrois pour se rendre en train à Nickelsdorf, à la frontière autrichienne, d'où le transit ferroviaire jusqu'en Allemagne est assuré via Vienne.

Alors que l'Europe, divisée, connaît une de ses pires crises migratoires depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, Berlin a assoupli ses règles d'accueil pour les ressortissants syriens.

Des migrants attendent sur le quai de la gare de Saalfeld (est de l'Allemagne), le 5 septembre 2015 [HENDRIK SCHMIDT / DPA/AFP]
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Des migrants attendent sur le quai de la gare de Saalfeld (est de l'Allemagne), le 5 septembre 2015
 

 

Confrontée à un vieillissement de sa population et à un manque de main-d'oeuvre, la République fédérale est également devenue une destination privilégié pour les Irakiens, les Afghans et les Erythréens.

Dans une décision sans précédent, l'Autriche a accepté dans la nuit de vendredi à samedi, en concertation avec Berlin, de faciliter l'accueil et le transit vers l'Allemagne de milliers de migrants coincés en Hongrie, pays qui représente le principale porte d'entrée dans l'UE en Europe centrale et a vu affluer quelque 50.000 personnes pour le seul mois d'août.

 

Réponse globale

Cette décision ne peut cependant être que "temporaire", a prévenu dimanche le chancelier Werner Faymann, soulignant qu'"une mesure de ce type ne peut pas être une solution".

Quelque 10.000 migrants sont arrivés samedi en Autriche, dont environ 8.000 ont déjà continué leur route jusqu'en Allemagne, selon les autorités. Et le mouvement devait se poursuivre dimanche.

Des migrants attendent d'être enregistrés par les autorités grecques, après leur arrivée sur l'île de Lesbos le 6 septembre 2015  [ANGELOS TZORTZINIS / AFP]
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Des migrants attendent d'être enregistrés par les autorités grecques, après leur arrivée sur l'île de Lesbos le 6 septembre 2015
 

 

En Méditerranée aussi, les arrivées par centaines en provenance des côtes turques proches se poursuivent à un rythme soutenu sur les îles grecques d'Egée orientale, et quelque 650 personnes au total ont été secourues en mer samedi.

Les initiatives solidaires se multiplient à travers l'Europe, gagnant même le monde de football, l'AS Rome ayant annoncé dimanche souhaiter récolter des fonds pour le HCR, Save the Children, le International Rescue Committee et la Croix-Rouge, à l'image notamment du Bayern Munich.

A Vienne, un convoi d'une cinquantaine de voitures particulières s'est formé dans la matinée à la suite d'un appel sur les réseaux sociaux pour tenter d'acheminer des migrants depuis la Hongrie.

Mais la crise nécessite d'urgence une réponse globale de l'Union européenne, a souligné M. Faymann.

"Il n'y a pas d'alternative à une solution européenne commune", a martelé le dirigeant social-démocrate, qui a appelé à la tenue d'un sommet européen exceptionnel "immédiatement après" la réunion des ministres de l'Intérieur de l'UE prévue le 14 septembre à ce sujet.

Vienne exige que les pays de l'UE se dotent de règles communes concernant l'octroi du statut de réfugié et plaide, comme d'autres pays dont la France, pour la création de "hotspots" (centres d'accueil et de tri) aux frontières de l'UE. Une option à laquelle la Commission européenne ne se montre toutefois pas favorable.

"Nous sommes face à un événement dramatique. La crise est là pour durer", a affirmé la chef de la diplomatie de l'Union européenne, Federica Mogherini, après une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE à Luxembourg samedi.

La crise des migrants [I. Vericourt / A.Bommenel / AFP]
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La crise des migrants
 

 

Le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) a appelé vendredi à la répartition d'au moins 200.000 demandeurs d'asile dans l'Union européenne. La Commission européenne va proposer la semaine prochaine de se répartir l'accueil de 120.000 réfugiés.

A l'autre bout du monde, le Premier ministre australien,Tony Abbott a déclaré dimanche que son pays accueillerait une proportion plus grande de réfugiés syriens face à la crise migratoire qui frappe l'Europe, mais ne réviserait pas à la hausse son quota pour l'année.

 

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