Trois raisons d'aller visiter le musée Yves Saint Laurent à Paris

Le musée Yves Saint Laurent fera évoluer ses accrochages tous les six mois Le musée Yves Saint Laurent fera évoluer ses accrochages tous les six mois[STEPHANE DE SAKUTIN / AFP]

Ce mardi 3 octobre 2017, le musée Yves Saint Laurent ouvre ses portes à Paris.

Le joli bâtiment de l'avenue Marceau dans le chic XVIe arrondissement, où Yves Saint Laurent a eu son studio de création et ses ateliers à partir de 1974, abrite désormais le musée qui porte son nom (le 19 octobre, un second musée ouvrira à Marrakech). Guidés par le directeur du musée, Olivier Flaviano, CNews Matin a pu visiter ces lieux où l'esprit du grand couturier plane encore. Trois raisons de se rendre à la Mecque de la Haute Couture, et ce, même quand on n'est pas passionné par la mode.

Tout le monde s'habille en Yves Saint Laurent... même sans le savoir

Passé le tableau iconique de Warhol consacré au couturier installé là comme pour rappeler d'entrée au visiteur le caractère résolument pop du personnage, le ton est donné dès la première salle consacrée au style Yves Saint Laurent.

Sous la célèbre citation du couturier «Les modes passent, le style est éternel», sont installées quatre des plus célèbres vêtements du créateur : le smoking, la saharienne, le jumpsuit et le trench. L'idée pour le couturier était alors de reprendre les codes d'habits masculins en les féminisant. «Yves Saint Laurent aurait pu s'arrêter en 1972 (c'est à dire dix ans après sa première collection en 1962, ndlr), il avait déjà tout créé», s'amusait à dire Pierre Bergé, décédé le 8 septembre 2017.

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© Stephane de sakutin / AFP

Ces pièces sont en effet largement répandues et aujourd'hui plus personne n'est choqué à l'idée de rencontrer une femme en trenchcoat dans la rue ou en pantalon de smoking lors d'une soirée.

La deuxième salle donne à voir une explosion de couleurs et d'influences, entre le Maroc qu'il aimait tant (avec la célèbre cape en bougainvilliers), l'Afrique, l'Espagne, la Grèce antique ou la Russie de Tsars. Des influences qui aujourd'hui se retrouvent régulièrement dans bon nombre de griffes.

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© DR

Si ces pièces relèvent bien entendu de la haute Couture, les collections d'Yves Saint Laurent étaient néanmoins directement montrées à de futures clientes dans les salons attenant aux ateliers. L'invention du concept de défilés-spectacles déplacés alors à l'hôtel Continental n'est arrivée qu'en 1976.

Une plongée passionnante dans les arcanes de la création

La partie la plus émouvante de la visite est peut être la salle qui contient le bureau d'Yves Saint Laurent. «On a essayé de remettre ce studio dans un état de création. En 1974, la maison de couture a déménagé ici donc pendant 28 ans, les collections ont été créées dans ce studio», indique Lola Fournier, adjointe à la directrice des collections.

Ici, se trouvent les oeuvres d'Yves Saint Laurent mais aussi ses objets personnels, de sa table (faite de simples tréteaux) qu'il avait dès 1961 lors de la création de sa première collection, à ses lunettes en passant par le pot à eau de son chien Moujik, sa corbeille, ses photos et ses crayons.

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Sur les autres bureaux se trouvent, rassemblés par ses anciennes assistantes, des gammes de strass, des boutons, du tissus, un répertoire et des croquis avec parfois l'annotation «M» pour «musée», inscrite très tôt par Yves Saint Laurent qui a vite entrepris une démarche patrimoniale en conservant les prototypes de ses robes.

Présente également dans cette pièce, une «toile», c'est à dire la première version en trois dimensions d'un vêtement réalisée à partir d'un croquis d'Yves Saint Laurent. Un mannequin se chargeait alors de le porter avant même le choix du tissus. Au mur, une «bibliothèque d'inspirations» afin d'aider les équipes dans leur travail. 

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 Devant la «toile», ici des croquis accompagnés d'échantillons de tissus © DR

Un couturier qui a fait évoluer une société

Au-delà des magnifiques vêtements, des dessins, des nombreux dessins d'Yves Saint Laurent et de l'atelier de création, ce musée montre avant tout à quel point l'homme n'était pas un couturier parmi d'autres. Par son souci du bien être de la femme dans ses vêtements, mais aussi par le mode de vie même d'Yves Saint Laurent et de son compagnon Pierre Bergé, tout a concouru à l'évolution de la société en France et à l'étranger. Un joli film de 13 minutes fait d'ailleurs entrer dans la vie d'Yves Saint Laurent et Pierre Bergé. Il rend ainsi hommage à leurs passions et leurs combats.

Par ailleurs, Yves Saint Laurent est le premier couturier à entrer de son vivant au musée puisqu'en 1983, le Metropolitan museum de New York lui consacrait une exposition - qui faisait ensuite le tour du monde - . Au-delà d'être reconnu par le monde de l'art, lui-même n'a pas hesité à transposer des oeuvres d'art en vêtements à l'instar de la fameuse robe Mondrian ou la robe de mariée inspirée des colombes de Braque.

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La robe de mariée inspirée de Braque de 1988 © DR

Enfin, c'est Yves Saint Laurent qui décida de conserver les myriades de vêtements (empilés dans des cartons) dans un espace de conservation muséal à La Villette où le taux d'hydrométrie est notamment constant. «Yves Saint Laurent n'a pas seulement révolutionné la mode, il a aussi révolutionné le statut même de la mode», conclue Olivier Flaviano.

Musée Yves Saint Laurent, 5 avenue Marceau, paris (16e).

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