Total met un pied en Chine

Total a conclu mardi un préaccord qui va lui permettre de prendre pied dans un gros projet de complexe de raffinage et de pétrochimie en Chine, de quoi accélérer son développement dans un pays en très forte croissance[AFP/Archives]

Total a conclu mardi un préaccord qui va lui permettre de prendre pied dans un gros projet de complexe de raffinage et de pétrochimie en Chine, de quoi accélérer son développement dans un pays en très forte croissance.

Le PDG de Total Christophe de Margerie a signé au Koweït, où se déroule de lundi à mercredi le 13e Forum international de l'énergie, un protocole d'accord avec la compagnie pétrolière nationale de l'émirat, la Kuwait Petroleum Corp (KPC), qui détient 50% des parts du projet, les 50% restants appartenant au chinois Sinopec.

Selon les termes de ce préaccord, KPC devrait céder 40% de ses parts à Total. Au final, le groupe français aura donc 20% du complexe, KPC 30%, et Sinopec 50%, a précisé M. de Margerie à des journalistes. Les aspects financiers des négociations n'ont pas été dévoilés.

Le protocole porte sur le futur complexe de Zhanjiang, dans la province chinoise du Guangdong (sud), un mégaprojet dont le coût total est estimé à 9 milliards de dollars.

Le site accueillera une raffinerie capable de traiter dans un premier temps 300.000 barils de pétrole brut par jour (une capacité qui pourrait être portée à 500.00O barils par jour ultérieurement), ainsi qu'une usine pétrochimique d'une capacité de production d'un million de tonnes d'éthylène.

Ce partenariat "s'inscrit parfaitement dans notre stratégie mondiale qui vise à développer des relations avec les pays producteurs (de pétrole) et à investir dans les pays où la demande (d'hydrocarbures) progresse, comme c'est le cas en Chine", a souligné M. de Margerie.

Le groupe français avait confirmé en janvier être en discussions avec la KPC en vue d'une telle prise de participation.

KPC et Sinopec avaient signé il y a plus de deux ans un accord pour réaliser ce projet de raffinage et de pétrochimie dans le sud du Guangdong.

Total va ainsi remplacer son rival anglo-néerlandais Shell, qui devait initialement participer au projet aux côtés de KPC mais s'en était par la suite retiré. Cela avait poussé la compagnie du Golfe à entamer des négociations avec des firmes pétrolières internationales en vue de rétrocéder une partie de ses parts dans le projet.

Un tel complexe associant raffinage et pétrochimie présente un énorme atout pour une compagnie comme Total. Les activités de raffinage sont en effet peu rentables en elle-même en Chine, car les prix des produits pétroliers raffinés sont encadrés par Pékin, mais les prix des matières premières fabriquées dans les usines pétrochimiques se vendent généralement avec des marges confortables.

Par ailleurs, le PDG de Total a laissé entendre que ce partenariat, en étoffant les liens entre Total et la KPC, pourrait aider à ouvrir la voie à d'autres accords, cette fois pour des projets situés au Koweït.

"Il n'y a pas de lien (avec d'éventuels projets dans l'émirat) mais je pense que cela ouvre une nouvelle ère dans nos relations avec le Koweït", a-t-il déclaré.

M. de Margerie a précisé que les compagnies pétrolières nationales du Golfe, jusqu'ici très réticentes à laisser les compagnies internationales comme Total accéder à leurs réserves d'hydrocarbures, se montraient désormais "plus enclines à leur ouvrir la porte", car elles ont besoin de leur expertise pour développer leurs ressources de pétrole non-conventionnelles.

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