L'Opep maintient son débit malgré des craintes sur la demande

Le siège de l'Opep, à Vienne, le 4 avril 2013 [Alexander Klein / AFP/Archives] Le siège de l'Opep, à Vienne, le 4 avril 2013 [Alexander Klein / AFP/Archives]

L'Opep devrait décider vendredi à Vienne de reconduire son plafond de production de pétrole, tous ses membres, y compris l'Iran, semblant désormais d'accord sur ce point et ce malgré des craintes renouvelées d'un affaiblissement de la demande mondiale d'or noir.

Les ministres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) ont entamé dans la matinée leur 163e réunion ordinaire à Vienne, siège du groupement, afin de revoir leur plafond collectif fixé à 30 millions de barils par jour (mbj) depuis fin 2011.

L'Opep rassemble douze Etats pétroliers du Moyen-Orient, d'Afrique et d'Amérique latine et pompe environ 35% du brut mondial.

Au début de la réunion, la reconduction semblait faire l'unanimité parmi les délégations, y compris l'Iran, qui avait pourtant ce mois répété son appel traditionnel à réduire la production du cartel pour soutenir les cours du brut.

"Je pense que le plafond actuel est logique, rationnel, raisonnable", et "lors de cette réunion, nous allons recommander (aux membres) de maintenir leur production", a ainsi déclaré à la presse le ministre iranien du Pétrole, Rostam Ghassemi.

"Je ne pense pas qu'il y ait de difficulté particulière. Le plafond est normal étant donné la situation du marché, qui est bien équilibré", a abondé son homologue algérien, Youcef Yousfi.

Le ministre vénézuélien du Pétrole, Rafael Ramirez, le 27 mai 2013 à Caracas [Leo Ramirez / AFP/Archives]
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Le ministre vénézuélien du Pétrole, Rafael Ramirez, le 27 mai 2013 à Caracas
 

"L'offre et la demande sont équilibrées, les prix sont à un bon niveau, tout semble bien se passer", a renchéri la dirigeante de la délégation koweïtienne Siham Abdulrazzak Razzouqi.

L'Arabie saoudite, considérée comme le chef de file du cartel, avait donné le ton dès le début de la semaine en dressant un diagnostic très positif du marché pétrolier, rejoint en cela par la plupart des membres.

--risques pour la demande--

Néanmoins, certains pays comme le Venezuela ont insisté ces derniers jours sur la nécessité de maintenir les cours du brut au-dessus de 100 dollars le baril et de mieux respecter le plafond de production.

La production réelle dépasse en effet le plafond officiel d'environ 700.000 barils par jour, selon l'Agence internationale de l'énergie.

Le prix du Brent à Londres, principale référence du secteur, était tombé début avril sous cette barre symbolique des 100 dollars, sur fond de stocks pétroliers américains surabondants, et de craintes d'un ralentissement de la demande mondiale d'or noir.

Or, ces craintes ont été ravivées cette semaine par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et le Fonds monétaire international (FMI).

L'OCDE a abaissé ses prévisions pour la croissance mondiale du marasme persistant en Europe, et les deux organismes ont confirmé la perspective d'un ralentissement de l'économie chinoise, deuxième consommateur de brut de la planète derrière les Etats-Unis.

L'Opep continue à tabler sur une croissance de la demande pétrolière au deuxième semestre, mais "nous allons surveiller la demande pour cette année, parce que les Etats-Unis ont leurs problèmes budgétaires, la Chine est confrontée à son inflation, et bien sûr il y les problèmes en Europe", a confié avant le début de la réunion son secrétaire général, Abdallah El-Badri.

Le logo de l'Opep, à son siège à Vienne, le 4 avril 2013 [Alexander Klein / AFP/Archives]
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Le logo de l'Opep, à son siège à Vienne, le 4 avril 2013
 

En attendant la décision du cartel, les prix du pétrole étaient en légère baisse, le prix du baril de Brent pour livraison en juillet cédant 65 cents à 101,59 dollars vers 9H45 GMT.

Par ailleurs, les délégués devaient se mettre d'accord vendredi sur des critères de sélection, en vue de la désignation en fin d'année du successeur de M. El-Badri, en poste depuis 2007.

L'Irak, l'Iran et l'Arabie saoudite s'étaient disputés le poste l'an dernier. Faute de compromis, M. El-Badri avait été reconduit pour un an. Les trois candidats sont toujours en lice, et aucun consensus en faveur de l'un d'entre eux ne se dégageait pour le moment.

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