Les Bourses asiatiques plongent de concert

Des piétons se reflètent sur un écran de cotation à Tokyo le 24 août 2015 [YOSHIKAZU TSUNO / AFP] Des piétons se reflètent sur un écran de cotation à Tokyo le 24 août 2015 [YOSHIKAZU TSUNO / AFP]

Les Bourses asiatiques décrochaient de concert lundi, poursuivant la dégringolade des marchés mondiaux, minées par des inquiétudes persistantes sur la santé de l'économie chinoise et la conjoncture mondiale. En tête, Shanghai s'effondrait de plus de 8% à la mi-journée.

 

Alors que les Bourses mondiales avaient dévissé la semaine dernière dans un climat d'angoisse générale, les places asiatiques ont de nouveau piqué du nez lundi dès l'ouverture. L'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo chutait de 3,21% à la mi-journée.

De son côté, l'indice composite shanghaïen dégringolait de 8,45%, à 3.211,20 points, à la mi-séance. Il a désormais effacé tous les gains enregistrés depuis le début de l'année, tombant sous son niveau du 31 décembre 2014.

 

Répercussions sur toutes les bourses asiatiques

Au même moment, Shenzhen (la deuxième place chinoise) perdait 7,61%. Dans leur sillage, Hong Kong plongeait de 4,64% en fin de matinée. La contagion a atteint la Bourse de Taïwan qui est allée jusqu'à dévisser de 7,46%, la pire chute en séance qu'elle ait jamais enregistrée.

Vers la mi-séance, Sydney trébuchait de 2,89% et Séoul de 1,88%.

 

Une chute qui affecte également les matières premières 

Les matières premières n'étaient pas épargnées : les cours du brut se repliaient, évoluant sous 40 dollars le baril à des niveaux plus vus depuis six ans.

Les investisseurs s'inquiètent de la conjoncture mondiale dans son ensemble, à l'orée d'une semaine riche en publications de statistiques aux Etats-Unis et en Europe.

 

La Chine s'essouffle

Mais la Chine dominait toujours les préoccupations, alors que s'enchaînent les indicateurs décevants attestant de l'essoufflement de la deuxième économie mondiale. "Aujourd'hui, nous avons tous les ingrédients pour assister sur les marchés mondiaux à la pire journée depuis cinq ans", commentait Evan Lucas, du courtier IG Markets.

"Les réactions des marchés asiatiques reflètent le sentiment des investisseurs et leur conviction qu'un atterrissage brutal (de l'économie chinoise) est inévitable", a-t-il ajouté.

 

Une semaine difficile pour la Chine

En l'absence de décisions convaincantes des autorités chinoises durant le week-end, "l'Asie (était) largement laissée à elle-même" lundi matin, relevait M. Lucas.

Un indicateur manufacturier de référence publié vendredi en Chine est tombé à son plus bas niveau depuis plus de six ans, signalant une violente contraction de l'activité manufacturière dans le pays en août. Dans la foulée, les places chinoises avaient chuté de plus belle. Shanghai s'est effondrée de 11,5% sur l'ensemble de la semaine dernière.

 

Pékin ne parvient pas à rassurer 

La dévaluation surprise du yuan le 11 août, perçue comme un effort désespéré des autorités chinoises pour relancer ses exportations et l'activité économique, n'ont fait qu'aviver l'inquiétude générale, provoquant une onde de choc sur les marchés.

Depuis, les Bourses mondiales ont vu s'envoler au moins l'équivalent de 5.000 milliards de dollars en valeur. A Wall Street, le Dow Jones est tombé vendredi à son plus bas niveau de l'année, chutant de plus de 3% (plus de 500 points).

 

Pékin tente de rassurer ses investisseurs

Soucieux de rassurer, Pékin a certes annoncé dimanche que le gigantesque fonds de pension chinois allait être autorisé à investir une partie de ses colossaux actifs dans les Bourses locales. Mais l'annonce n'a visiblement rien fait pour rassurer les investisseurs chinois pour la plupart des particuliers et petits porteurs.

"Les interventions du fonds de pension ne vont pas se réaliser avant longtemps, et les valorisations sont encore trop élevées, même le fonds n'aurait rien à acheter en ce moment", soulignait Qian Qimin, analyste du courtier Shenwan Hongyuan.

Des piétons devant un écran de cotation à Tokyo le 24 août 2015 [YOSHIKAZU TSUNO / AFP]
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Des piétons devant un écran de cotation à Tokyo le 24 août 2015
 

 

La "bulle" chinoise fait peur

De fait, les craintes de "bulle" persistent: avant de s'effondrer mi-juin, la Bourse de Shanghai s'était envolée de 150% en l'espace d'un an, dopée par l'endettement et de façon totalement déconnectée de l'économie réelle.

"L'économie chinoise va plutôt très mal, certains secteurs sont survalorisés, et les pressions à la vente partout sur les marchés mondiaux contribuent à plomber le moral des places chinoises", a résumé Wu Kan, gérant du fonds JK Life Insurance, cité par l'agence Bloomberg. Dans ses conditions, la Bourse de Shanghai pourrait s'enfoncer sous les 3.000 points, a-t-il estimé.

 

Un retrait des mesures de soutient redouté

Pour enrayer la spectaculaire débâcle des Bourses chinoises entre la mi-juin et la mi-juillet (elles avaient perdu plus de 30% en trois semaines), Pékin était fortement intervenu, des organismes publics réalisant des achats massifs d'actions.

Mais, en dépit des assurances du gouvernement, les investisseurs chinois redoutent désormais un retrait prématuré de ces mesures de soutien. Dans tous les cas, "les interventions des autorités chinoises ne seront pas capables d'interrompre la correction des marchés sur le long terme", a prévenu Ken Chen, analyste de KGI Securities, cité par Bloomberg.

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