Les oiseaux ont-ils un accent ?

Mésange bleue [@creative commons]

Et si les oiseaux prenaient l'accent du pays ? Cette hypothèse n'est pas si farfelue. Des scientifiques britanniques se sont penchés sur le sujet. Les amateurs également. Si à la base, le chant des merles, des mésanges ou encore des rossignols varie selon sa fonction, il évoluerait donc aussi suivant le lieu et l’habitat.   

Les rossignols creusois et anglais n'ont pas le même chant. C'est ce qu'assure un ornithologue amateur au quotidien La Montagne, mardi 26 février. D'origine britannique, installé dans une petite commune du Limousin, Leyrat, depuis 2008, Tim Baugh s’est ainsi amusé à comparer la tonalité des espèces qu’il pouvait écouter dans la région.

Des scientifiques britanniques se sont déjà penchés sur cette drôle de question. En mai 2012 des chercheurs de l'université d'Aberystwyth, au pays de Galles, affirmaient que les oiseaux qui « habitent » en ville siffleraient un ton plus haut que leurs cousins des campagnes.  

«Comme le son rebondit et voyage d’une manière différente, les mésanges doivent utiliser des chants adaptés. Une note plus haute permet à l’écho de disparaître plus vite [en rebondissant sur les bâtiments avoisinants], et la prochaine note est plus claire », précisait Emily Mockford, qui fait partie de l'équipe de chercheurs. La mésange des villes chanterait donc plus aigue que sa congénère des champs.

 

La preuve par le son

La BBC a comparé, dans une vidéo, les chants « ruraux » et « urbains ». Le premier enregistrement a été fait par un Allemand, Ludwig Koch, en 1889. Depuis, les expériences se sont renouvelées, permettant l’ébauche d’une vraie discothèque de vocalises.

Le museum national d’histoire naturelle propose d’en deviner quelques-uns via son inventaire national

En étudiant les populations d’oiseaux (nombre, chant, migrations etc), les ornithologues ont démasqué des pans de mystère. La tonalité des chants est révélatrice d’un contexte.

Peur d’un danger, séduction d’une femelle… suivant la situation, le volatile gazouille, piaille, pépie. D'un kilomètre carré à l'autre, il s’adapte. Une nuance régionale, comme chez les humains.

L’oiseau a donc son « dialecte ». Selon Romain Julliard, maître de conférences au Muséum national d'Histoire naturelle, la tonalité renforce l’appartenance à un territoire, les femelles reconnaissant le gazouillis des mâles issus du même habitat. 

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