Benki Piyanko (leader indigène) : "La prise de conscience est une question de survie"

[Naziha Mestaoui]
C’est un nouveau cri d’alarme que sont venus lancer les Indiens menacés d’Amazonie à la Global Conference. L’événement, tenu par les Ateliers de la Terre, se déroule jusqu’à demain soir au Palais de l’Unesco à Paris. Parmi ces ambassadeurs de la cause indigène, Benki Piyãko Ashaninka, leader d’une communauté descendant des Incas installée au Brésil, lutte depuis des années contre la déforestation qui menace leur survie.
 
Quel message portez-vous ?
 
Je suis venu rappeler nos droits aux Occidentaux. Les projets d’exploration des forêts amazoniennes, la création de barrages et l’exploitation des minerais se font sur les terres indigènes très souvent sans même regarder nos savoirs et nos cultures. C’est une logique de destruction qui extermine nos peuples. 
 
Quelles conséquences ont ces projets sur votre vie quotidienne ?
 
Nous avons toujours vécu en harmonie avec la nature [dans un village dans  l’ouest du Brésil]. Nous ne dépendons que d’elle au quotidien. Or, aujourd’hui, nos forêts sont détruites et notre fleuve pollué, mettant à mal notre médecine et nos centres sacrés. Nous résistons, mais bien d’autres tribus ont déjà disparu.
 
Vous luttez contre la déforestation depuis plus de vingt ans. Vous n'êtes jamais découragé ? 

Nous souffrons encore des préjugés sur les Indiens. Nous sommes vus comme des peuples en retard sans comprendre. Mais, alors que les occidentaux sont dans une logique de destruction, nous prônons la protection de la nature. Nous avons réussi à sauver deux espèces d'animaux malgré la déforestation. 

 

Vous venez à Paris également défendre votre projet «Beija Flor». En quoi consiste-t-il ? 
 

Il s’agit d’un centre où nous sensibilisons la jeunesse indigène à la protection de leur culture. Nous formons de jeunes leaders pour qu’ils assurent l’équilibre des générations futures. La prise de conscience est une question de survie. Si notre eau est polluée, où allons-nous aller ? si nos terres deviennent des déserts, où vivre sans semences ? A travers ce centre, je veux aussi montrer que des alternatives sont possibles, en respect avec les Indiens, écologiques et durables. Nous avons les connaissances pour inventer de nouveaux modèles de développement.•

Plus d'informations sur le projet Beija Flor : http://www.kisskissbankbank.com/benki
 

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