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Rhônergia : l'État abandonne un projet contesté de barrage sur le Rhône

Le projet du barrage Rhônergia, situé à proximité de Lyon a été abandonné. [Emmanuel DUNAND / AFP]

L'État a mis un terme à un projet de barrage sur l'une des dernières zones sauvages du Rhône, a annoncé ce vendredi la Compagnie nationale du Rhône.

Clap de fin pour le barrage. «L'État a fait connaître le 29 août sa décision de ne pas poursuivre le projet de construction d'un nouvel aménagement hydroélectrique sur le Rhône, entre Saint-Romain-de-Jalionas (Isère) et Loyettes (Ain)», a écrit la Compagnie nationale du Rhône (CNR) dans un communiqué publié ce vendredi 30 août. Cette dernière portait ce projet, très contesté, d'aménagement hydroélectrique entre l’Isère et l’Ain.

La CNR a ajouté «prendre acte de cette décision» qui ouvre, «conformément à son contrat de concession, une nouvelle phase de discussion avec l'État pour identifier des projets alternatifs en lien avec le fleuve».

Un projet estimé à 330 millions d’euros

La proposition a fait l’objet d’une vague de contestations de la part d’élus et d’habitants de Saint-Romain-de-Jalionas (Isère). C’est dans cette commune, où se situe la dernière portion non aménagée du Rhône, que devait être implanté le barrage.

L'idée de ce projet remonte à 1935 et visait à construire un barrage d'ici à 2033, à une quarantaine de kilomètres en amont de Lyon. Pour un budget estimé à 330 millions d'euros, la CNR envisageait un barrage-usine avec une chute de 6,8 mètres, une retenue de 22 kilomètres de long pour ralentir le débit du fleuve et une digue de 4 km.

La CNR, qui supervise déjà 19 barrages hydroélectriques sur le Rhône, estimait que «Rhônergia» était le dernier projet de cette nature envisageable en France. Cette infrastructure aurait produit 140 GW/h par an, de quoi couvrir les besoins électriques annuels de 60.000 habitants.

Un maire soulagé

Pour la CNR, ce projet aurait participé à «la lutte contre le changement climatique», au renforcement de l'indépendance énergétique de la France et à l'inflexion des coûts de l'électricité. Mais ses opposants, réunis dans un collectif qui s'est notamment fait entendre lors de la consultation publique cet hiver, ont estimé que le coût financier et environnemental du barrage était «trop important par rapport à l'énergie décarbonée» qu'il pourrait fournir.

Jérôme Grausi, maire sans étiquette de Saint-Romain-de-Jalionas (Isère), s'est érigé pour sa part contre «l'artificialisation» de son territoire, l'une des rares zones non aménagées du Rhône.

Ce vendredi, il s'est dit «très content» de la décision de l'État. «C'est un soulagement pour la protection de la nature, de notre territoire et de notre identité», a-t-il déclaré à l'AFP, évoquant la présence de vestiges gallo-romains sur le site.

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