Les lauréats des «Mangrove Photography Awards 2025», ont été annoncés. Ce concours récompense les meilleures images de mangroves afin de mettre en lumière ces espaces naturels exceptionnels, parmi les plus menacés de la planète.
Le jury des «Mangrove Photography Awards 2025» a dévoilé le 26 juillet, lors de la Journée internationale pour la conservation des écosystèmes de mangroves, le palmarès de la 11e édition de ce concours mondial qui célèbre la beauté et la fragilité de la mangrove, espace naturel composé d'arbres et d'arbustes qui se développe entre terre et mer dans la zone de balancement des marées.
Cette année, le Britannique Mark Ian Cook a été désigné «Photographe de mangrove de l'année», la plus haute distinction du concours, pour «Birds' eye view of the hunt», une photo remarquable d'un groupe de spatules rosées survolant un squale en pleine chasse dans les eaux de la baie de Floride, dans le sud-est des Etats-Unis.
A noter que la 11e édition de cette compétition photographique s'est enrichie de deux nouveaux prix, l'Emirates Award et l'Arabian Gulf Award, lancés en partenariat avec l'agence pour l'environnement d'Abou Dhabi pour récompenser les photographes et les efforts de conservation aux Emirats arabes unis et dans l'ensemble du golfe Persique. De plus, de nouvelles sous-catégories ont également été créées dans les catégories Faune, Paysage, Humains.
Créée en 2015 par le Mangrove Action Project (MAP), association basée aux Etats-Unis, les «Mangrove Photography Awards» ont pour objectif de couronner des images fortes qui capturent l'urgence de sauver les zones de mangroves, écosystèmes menacés mais précieux, présents dans 125 pays et territoires à travers le monde. Ces espaces naturels complexes sont essentiels pour la planète car ils séquestrent cinq fois plus de carbone que les forêts tropicales humides terrestres, protègent plus de 15 millions de personnes contre les inondations, procurent les moyens de subsistance de millions de pécheurs et de communautés côtières et fournissent des habitats vitaux à d'innombrables espèces marines et terrestres. Malgré cela, la moitié des mangroves dans le monde risque de disparaître d'ici 2050, à cause du développement urbain, de la déforestation, de l'aquaculture et de l'élévation du niveau de la mer.
grand gagnant - photographe de mangrove de l'année

Le grand vainqueur du concours est le Britannique Mark Ian Cook, écologiste et scientifique aviaire émérite, spécialisé dans la restauration mais aussi brillant photographe. Celui-ci a été sacré «Photographe de mangrove de l'année» pour son exceptionnelle image aérienne capturant des spatules rosées, planant au-dessus d'un requin-citron chassant des mulets dans les eaux peu profondes, bordées de mangroves de la baie de Floride, région où il s'est installé depuis une vingtaine d'années afin d'y étudier la restauration et la gestion des populations animales de ces zones humides du sud-est des Etats-Unis. «Historiquement, la baie de Floride était la principale région de nidification de la spatule rosée aux États-Unis, mais cette espèce y devient de plus en plus rare, car l'élévation du niveau de la mer a un impact négatif sur la mangrove, le principal habitat où elle trouve sa nourriture. Cette espèce aviaire se nourrit de petits poissons qu'elle capture à l'aide de son bec tactile en forme de cuillère. Lorsqu'elles se nourrissent, elles balayent l'eau de gauche à droite avec leur bec légèrement ouvert, créant ainsi un mouvement qui aspire efficacement tous les petits poissons qu'elles rencontrent», a déclaré Mark Ian Cook. «Cependant, pour que cette méthode de recherche de nourriture soit efficace, les oiseaux ont besoin d'eaux relativement peu profondes avec une très forte densité de poissons. Cela devient particulièrement critique pendant la période de nidification, lorsque les oiseaux doivent se nourrir eux-mêmes, mais aussi deux ou trois oisillons en pleine croissance. Une forte densité de poissons se développe pendant la saison sèche, lorsque le niveau de l'eau baisse, que la superficie couverte par l'eau dans les mangroves diminue et que les poissons se concentrent dans des mares de plus en plus petites et peu profondes. Une fois qu'une profondeur minimale d'environ 13 cm est atteinte, les spatules peuvent se nourrir efficacement et commencer à nicher. Cependant, avec l'élévation du niveau de la mer induite par le changement climatique, ces profondeurs d'eau critiques dans les mangroves sont de moins en moins atteintes, la densité de poissons est insuffisante pour une alimentation efficace et moins d'oiseaux sont capables de se reproduire», a-t-il conclu.
1er prix - catégorie paysage - depuis le ciel

«Le mélange harmonieux entre la nature des mangroves et la modernité de la ville — un contraste captivant où l'innovation urbaine rencontre le rythme intemporel de la nature sauvage», a indiqué le photojournaliste émirati Ahmed Badwan à propos de son cliché pris à Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis.
1er prix - catégorie faune - mammifères

«Un jeune nasique savoure un fruit de palétuvier "Avicennia" au milieu de la dense forêt de mangroves, en Indonésie. Ce fruit est l'une des principales sources de nourriture de ces singes arboricoles, endémiques de l'île de Bornéo. Cette image met en évidence le rôle vital des écosystèmes de mangrove dans la survie de cette espèce menacée», a expliqué Satwika Satria, photographe naturaliste indonésien.
1er prix - catégorie paysage - noir et blanc

«Solitaire, un arbuste de mangrove se tient courbé de manière gracieuse au-dessus d'une mer lisse comme du verre, capturé en pose longue, évoquant un dernier geste tranquille de résistance. À l'aide d'un temps d'exposition long, j'ai transformé la mer en mouvement en une surface immobile et réfléchissante, comme une patinoire. Sur cette toile de fond se dresse un seul arbre de mangrove comme voûté, dont la forme ressemble étrangement à une personne s'inclinant après une représentation. C'est le seul arbre sur cette partie de la côte, et je me suis demandé ce qui était arrivé aux autres. Dans ce contexte, la forme courbée est devenue symbolique : le dernier acte d'un artiste solitaire saluant la fin de sa performance», a indiqué Vladimir Borzykin, photographe paysagiste lituanien, à propos de sa prise de vue réalisée sur la côte nord de l'île de Bali, en Indonésie.
1er prix - catégorie humains - moyens d'existence

«Les loutres reçoivent leur récompense après une matinée bien remplie à pêcher pour Bhoben Bieseash, dans les Sundarbans, la plus grande forêt de mangroves du monde située entre l'Inde et le Bangladesh. Dans ce pays, il ne reste plus qu'une poignée de pêcheurs à loutres à pratiquer cette méthode de pêche insolite, qui se transmet de père en fils depuis des siècles. Les loutres adultes dressées sont attachées, tandis que les plus jeunes nagent librement. Elles chassent les poissons depuis les berges boueuses vers les filets qui les attendent et, après chaque session de pêche, ces mammifères marins reçoivent leur part de la prise», a déclaré le Britannique Freddie Claire, ingénieur du son et photographe de renom.
1er prix - catégorie menaces

«Près de Pesanggaran, dans le sud de Bali, non loin de l'aéroport et des plages touristiques de cette île indonésienne, je suis tombé sur cette montagne de déchets qui se dressait derrière l'une des forêts de mangroves en difficulté de Bali. De jeunes pousses émergent tandis que des troncs morts marquent l'endroit où d'autres ont succombé. La scène est un avertissement silencieux : celui d'une résilience menacée et de ce qui se cache juste hors du cadre dans ce paradis "touristique". J'ai pris cette photo pour montrer la frontière instable où se rencontrent le tourisme de masse, les déchets urbains et les écosystèmes vitaux», a dénoncé Tom Quinney, photographe animalier et droniste, installé depuis dix ans à Dili, capitale du Timor oriental, petit pays situé entre Asie du Sud-Est et Océanie.
1er prix - catégorie histoires de conservation - portfolio

Composé de 6 images, le portfolio du Bangladais Mohammad Rakibul Hasan documente la vie de Shorbanu Khatun, 45 ans, une «veuve du tigre» dans les Sundarbans, la plus grande forêt de mangroves au monde qui s'étend sur environ 140.000 hectares à travers les deltas du Gange, du Brahmapoutre et du Meghna, principalement au Bangladesh.


«Après que son mari a été tué par un tigre, elle a rejoint les rangs des «veuves du tigres», des femmes rejetées par leur communauté en raison de leur malheur apparent. Le changement climatique aggravant des conditions déjà difficiles, Shorbanu doit lutter en permanence contre la montée du niveau de la mer, les cyclones fréquents et la salinité qui détruit les cultures et les sources d'eau douce», a commenté Mohammad Rakibul Hasan.


«Déterminée à subvenir aux besoins de ses enfants, Shorbanu brave la forêt périlleuse pour récolter du miel et des feuilles de Gol, indispensables à la survie de sa famille. Les risques sont considérables : animaux sauvages, pirates et menace permanente de l'endettement auprès des prêteurs. Pourtant, elle puise sa force dans la communauté des autres veuves et dans le culte de Bonbibi, la déesse de la forêt qui les protège», a-t-il ajouté.

«Alors que l'environnement naturel se détériore, que les saisons deviennent extrêmes et que les moyens de subsistance traditionnels disparaissent, l'histoire de Shorbanu devient un puissant témoignage de résilience et d'espoir. Sa vie résume la lutte plus large contre le changement climatique, mettant en évidence un lien indestructible avec les Sundarbans, son foyer et sa bouée de sauvetage», a-t-il conclu.
1er prix - catégorie faune - oiseaux

«Les sarcelles à ailes bleues créent des œuvres d'art éphémères lorsqu'elles pataugent à la recherche de nourriture dans les eaux peu profondes, couleur thé au lait, de la baie de Floride, aux Etats-Unis. Cette image a été prise l'automne dernier, après que les pluies estivales ont apporté l'eau douce dont l'estuaire de la baie de Floride avait tant besoin. La couleur jaune inhabituelle est entièrement naturelle et résulte de la présence des mangroves qui bordent la baie ; la première vague d'eau douce provenant des Everglades prend cette riche teinte whisky lorsqu'elle traverse le marais et extrait les tanins lessivés des feuilles de mangrove en décomposition. Les sarcelles en migration se nourrissent juste en aval des mangroves, picorant et filtrant les algues et autres micro-organismes très denses qui se trouvent dans les eaux peu profondes de la baie. Il peut être difficile de produire des images aériennes créatives des Everglades, dont le relief est plat. Il est donc souvent nécessaire de trouver des sujets qui interagissent avec leur environnement de manière étrange et merveilleuse, comme ces sarcelles à ailes bleues. Dans toutes mes images aériennes, qu'elles soient prises depuis un avion ou un drone, j'essaie de capturer quelque chose de l'écologie ou de l'essence de l'animal que je photographie, mais je m'efforce également d'intégrer cela dans une composition visuellement attrayante qui intègre, dans la mesure du possible, les motifs, les textures et les couleurs de l'environnement. À mon avis, c'est cette combinaison entre écologie et composition qui permet de raconter une histoire et de créer les images les plus intéressantes», a relaté Mark Ian Cook, qui a décroché une nouvelle récompense dans la compétition.
1er prix - catégorie sous l'eau

«Bien que "Clibanarius taeniatus" soit l'une des espèces de bernard-l'ermite les plus courantes en Australie, on en sait très peu à son sujet et je ne suis même pas sûr qu'elle ait un nom commun. Une étude réalisée en 2003 a révélé que sa présence en grand nombre indique généralement un environnement qui connaît un débit d'eau douce plus élevé que les autres régions intertidales marines. C'est certainement le cas de l'île mangrove que j'ai trouvée à l'entrée du lac Macquarie, en Nouvelle-Galles du Sud, qui regorgeait littéralement de ces créatures. J'ai visité cette île à marée basse et à marée haute. À marée basse, il y avait littéralement des milliers de bernard-l'hermite qui se nourrissaient dans le réseau de racines de la mangrove», a déclaré l'Australien Alex Pike, photographe, vidéaste et documentariste passionné par l'écologie et l'environnement.
1er prix - emirates award

Nouvelle récompense à faire son apparition cette année, le prix Emirates a été décerné à Ahmed Badwan pour «Morning Serenity in Abu Dhabi», une photo prise à l'aide d'un drone. «Une balade matinale en kayak dans la sérénité des mangroves luxuriantes de l'une des îles tranquilles d'Abou Dhabi, où la nature murmure dans le silence et où les rayons du soleil dansent doucement à la surface de l'eau, créant une scène d'harmonie pure», a indiqué le photojournaliste émirati, doublement récompensé dans le concours.
1er prix - catégorie jeune photographe de mangrove de l'année

«Éclairés par la Voie lactée, deux crocodiles américains, "Crocodyles acutus" se tiennent à la surface de l'eau, dans une forêt de mangroves des Everglades, en Floride, aux Etats-Unis. C'est une image que j'espérais capturer depuis quatre ans que je vis en Floride. Je n'avais jamais eu l'occasion de le faire lors de mes visites sur ce site. Mais ce jour-là, les étoiles se sont littéralement alignées. À 2 heures du matin, la Voie lactée s'est levée derrière non pas un, mais deux crocodiles en pleine parade nuptiale. Voyant là une opportunité, j'ai installé mon trépied pour utiliser une longue exposition afin de capturer la Voie lactée dans mon image. J'ai ensuite utilisé un flash pour figer les mouvements subtils du crocodile. Après avoir perfectionné mes réglages, j'ai pris quelques photos alors que la femelle semblait tourner autour du mâle. Cette prise de vue s'est avérée être ma préférée», a confié Nicholas Hess, Américain âgé de 20 ans. Ce photographe animalier passionné par les reptiles, les amphibiens et le monde sous-marin, remporte ce prix réservé aux moins de 24 ans, s'offrant un deuxième titre consécutif.
1er prix - arabian gulf award

«Par un matin tranquille sur les côtes du Qatar, les grands cormorans saluent le lever du soleil alors qu'ils se reposent sur des branches d'arbustes de mangroves, après une longue journée à traquer des proies en plongeant au fond de l'eau. Ces oiseaux marins habiles trouvent à l'ombre des mangroves un refuge sûr, à l'abri des vagues et du vent, où ils peuvent reprendre des forces après avoir plongé dans la mer. Avec les premiers rayons dorés du soleil, le calme et la tranquillité envahissent les lieux, et les oiseaux semblent se joindre à la nature pour saluer le début d'une nouvelle journée pleine d'espoir et de vie», a indiqué le Koweïto-Japonais Mahdi Mohammad Gholoum.
1er prix - catégorie paysage - au sol

«Une vue imprenable sur la Voie lactée qui se dévoile au-dessus d'un paysage où les mangroves et les forêts se fondent en parfaite harmonie. Voici la plage de Walakir, sur l'île de Sumba, en Indonésie. Peu après le coucher du soleil, une vue spectaculaire sur la Voie lactée s'est révélée au-dessus de nos têtes. C'est un endroit préservé où vous pouvez admirer le ciel nocturne dans toute sa splendeur», a confié Lim Gwi Bin, photographe sud-coréen.
1er prix - catégorie humains - conservation et restauration

«Après avoir emprunté un itinéraire sinueux à travers de nombreux canaux étroits, le pêcheur Manuel transporte une lourde ruche depuis un bateau jusqu'à son nouvel emplacement dans la zone tampon de la forêt de mangrove de Terraba-Sierpe, au Costa Rica, marquant ainsi le début d'un nouveau projet communautaire de production de miel de mangrove. Manuel et les autres sont des pêcheurs locaux qui vivent dans la zone humide nationale de Terraba-Sierpe, la plus grande forêt de mangrove costaricaine. Pour les communautés locales qui vivent dans cette zone humide, l'une des régions les plus pauvres du pays, la pêche est la principale source de revenus. Malheureusement, les populations de poissons et de palourdes sont en déclin en raison de la surpêche, de la perte d'habitat et du changement climatique, ce qui exerce une pression économique sur les communautés. Afin de renforcer la résilience de de ces populations, "Osa Conservation" travaille avec celles-ci pour lancer un projet de miel de mangrove, en formant des pêcheurs comme Manuel à l'apiculture et au développement commercial», a expliqué Ian Rock, photographe et vidéaste spécialisé dans la conservation, installé au Costa Rica. «Retour au moment où cette photo a été prise. Après des mois de formation, il était temps d'amener les abeilles dans leur nouvelle maison, dans la zone tampon de la zone humide protégée. Le seul moyen d'accès est le bateau, et le transport des lourdes ruches sur des embarcations instables est très difficile, en particulier sous la chaleur humide oppressante des zones humides tropicales. Six mois plus tard, les premières récoltes de miel ont été effectuées, pour un total de près de 30 kg. L'excitation et la fierté sont palpables chez les apiculteurs des mangroves. Les membres de la communauté travaillent avec une agence de branding costaricaine pour développer leur marque "Mangrove Honey"», a-t-il ajouté.
1er prix - catégorie faune - autres espèces

«La première fois que j'ai visité cet endroit aux Philippines, c'était il y a plusieurs années. N'ayant jamais vu de lucioles auparavant, j'ai été émerveillé par les brillants stroboscopes de lumière qu'elles émettaient, mais j'étais également frustré de ne pas avoir apporté de trépied. Cette fois-ci, arrivé à marée basse et muni d'un trépied, j'avais l'intention de capturer une image qui pourrait rendre compte de la taille de la colonie et de la façon dont elle se déplace. J'ai rapidement découvert qu'il était difficile de capturer leur mouvement : elles n'émettent de la lumière que par impulsions courtes et se déplacent lentement dans le cadre, même avec une vitesse d'obturation de 30 secondes. J'ai donc fini par prendre 20 expositions de 30 secondes chacune et les ai empilées pour former l'image finale, qui capture la traînée des individus se déplaçant rapidement et lentement. Il est intéressant de noter que chaque trait peut être considéré comme un indicateur de la vitesse à laquelle l'individu se déplaçait. Par exemple, les lucioles qui se déplacent rapidement laissent des traces où l'on peut voir les flashs individuels de lumière, tandis que les flashs se fondent en une ligne continue pour les individus qui se déplacent lentement», a expliqué Christian Moldrup Legaard, photographe danois.