L'homme suspecté d'avoir tué un passant et blessé six autres personnes à Mulhouse samedi dernier a été mis en examen à Paris ce mercredi et placé en détention provisoire. Ses deux frères et son hébergeur ont quant à eux été relâchés.
Armé d'un couteau, Brahim A., 37 ans, est suspecté d'avoir tué un passant et blessé six autres personnes samedi, à Mulhouse (Haut-Rhin). Selon une source proche du dossier, il a été mis en examen ce mercredi à Paris et placé en détention provisoire. Il comparaissait devant une juge des libertés et de la détention.
Une information judiciaire avait été ouverte pour assassinat, tentatives d'assassinat commises sur personnes dépositaires de l'autorité publique, violences avec arme sur des agents de police municipale, le tout en relation avec une entreprise terroriste.
Les frères et l'hébergeur du suspect, qui avaient eux aussi été placés en garde à vue, ont en revanche été remis en liberté «en l'absence d'éléments permettant, à ce stade des investigations, de caractériser leur implication dans le projet criminel terroriste».
Il reconnaît «partiellement» les faits
Dans son communiqué, le Parquet national anti-terroriste (Pnat) précise avoir requis la détention provisoire à l'encontre de Brahim A. Lors de sa garde à vue, ce dernier, un Algérien en situation irrégulière, a «partiellement» reconnu «la matérialité des faits» qui lui sont reprochés, tout en contestant «toute adhésion aux thèses jihadistes».
Samedi 22 février, à Mulhouse, l'intéressé a dans un premier temps agressé à l'arme blanche deux agents de stationnement qui «contrôlaient le secteur du marché», rappelle le Pnat. Il a par la suite attaqué un passant, Lino Sousa Loureiro, Portugais de 69 ans, qui a été tué.
Après avoir pénétré «dans la cour d'une habitation», il est ressorti «un balais en main» et s'en est servi pour agresser l'un des policiers venus l'interpeller. Tentant de fuir, Brahim A. a lancé plusieurs «projectiles» sur les agents qui le poursuivaient et a mordu l'un d'entre eux au moment de son arrestation. «Il était entendu crier "Allah Akbar"» à plusieurs reprises, ajoute le Pnat.
Un «profil schizophrène»
Lors d'une précédente procédure judiciaire, un «profil schizophrène» avait été détecté chez l'assaillant, déjà condamné pour apologie du terrorisme. Le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, a d'abord évoqué sa santé mentale comme une «cause d'explication» possible à son passage à l'acte.
Un examen psychiatrique réalisé durant la garde à vue de Brahim A. a toutefois conclu «à une absence de passage à l'acte dans un cadre délirant ainsi qu'à la compatibilité de son état de santé avec une mesure de garde à vue».
Sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF), l'assaillant aurait dû rejoindre l'Algérie mais le pays a refusé de l'accueillir à dix reprises. Une situation que François Bayrou, le Premier ministre, a jugé «inacceptable».