Une femme de 65 ans a été inculpée de meurtre pour la mort de son nouveau-né abandonné sur un campus du Dakota du Nord en 1981. C'est l'ADN, et non le temps, qui a eu raison du secret.
Un cold case résolu. 45 ans après la mort de sa fille, Nancy Jean Trottier, âgée de 65 ans, est poursuivie pour son meurtre. Son corps avait été découvert le 16 avril 1981 dans un espace boisé derrière un dortoir du campus de Valley City State College, dans le Dakota du Nord. Le cordon ombilical était encore attaché, et un plastique avait été placé sur son visage.
Nancy Jean Trottier, domiciliée à Sun Lakes en Arizona, a comparu ce lundi 13 avril devant le tribunal du comté de Barnes. Elle est poursuivie pour meurtre, un crime de catégorie AA, et est détenue contre une caution de 750.000 dollars. Une audience préliminaire et une mise en accusation formelle sont prévues le 21 mai.
Faute de suspect et d'identité, la police avait donné un prénom à l'enfant : Rebecca, avant de l'enterrer. Pendant quatre décennies et demie, l'affaire était restée sans réponse. L'autopsie avait établi qu'elle était née vivante environ trois jours avant la découverte de son corps, et qu'elle était décédée par asphyxie aiguë, compatible avec une suffocation, relate Valley News Live.
L'ADN, clé d'une affaire enterrée depuis 45 ans
L'affaire a été rouverte en 2019 grâce aux progrès des techniques d'analyse génétique. Les enquêteurs ont exhumé les restes de l'enfant et eu recours à la généalogie génétique pour remonter jusqu'à ses proches. Les investigations ont finalement conduit jusqu'à Nancy Jean Trottier, qui fréquentait l'université entre 1978 et 1982.
Lors d'un entretien en 2021, la femme aurait été émue aux larmes et aurait déclaré aux enquêteurs «c'était peut-être moi», selon des documents judiciaires. Les résultats d'analyses ADN rendus en 2023 ont attesté que Nancy Jean Trottier et son mari étaient ses parents. De l'ADN correspondant à celui de la mère a également été retrouvé sur du papier tissu récupéré sur les lieux du meurtre.