Le braqueur Antonio Ferrara est attendu devant le tribunal correctionnel de Bruxelles avec neuf complices présumés à partir de ce lundi 20 avril pour un projet d’attaque à main armée d'un centre-fort en Allemagne. Une vaste opération de police à Eupen en Belgique avait finalement permis de déjouer le braquage.
Ce serait un coup raté. Il aurait voulu viser le centre-fort de Bochum en Allemagne où les banques entreposent billets, bijoux et autres objets de valeur. Antonio Ferrara comparaît devant le tribunal correctionnel de Bruxelles du 20 au 29 avril, il encourt jusqu’à 10 ans de prison.
Tout au long de son procès, il devra répondre aux accusations de projet d’attaque en Allemagne, que les enquêteurs français et belges avaient estimé prévu pour fin février 2025. Il sera entouré de neuf complices présumés, Français et Belges, dont son frère Massimiliano Ferrara. Alors que lui comparaît libre, plusieurs prévenus ont été placés sous bracelet électronique ou sont également libres sous conditions.
Son avocat Me Olivier Martins explique à l’AFP : «Les faits qui lui sont reprochés sont censés avoir eu lieu en Allemagne. Or, dans le dossier, nous n'avons aucun élément de démonstration qui prouve sa présence en Allemagne. Les mois d'instruction qui se sont effectivement déroulés n'ont pas permis de mettre en évidence ne serait-ce qu'une téléphonie ou quoi que ce soit pour ce projet de braquage en Allemagne qui lui est reproché.»
Le «roi de la belle» avait été libéré en 2022
Condamné en France pour des braquages et une tentative de meurtre, ainsi que pour deux évasions de prison, l’homme de 52 ans, né en Italie et installé en région parisienne avec sa famille, a acquis le surnom de «roi de la belle». Il avait été libéré en juillet 2022 après avoir purgé sa peine. Le 27 février 2025, Antonio Ferrara est arrêté à Eupen en Belgique, alors que l'attaque paraissait imminente. A la suite de son interpellation, il effectue environ huit mois de détention provisoire, avant d'être remis en liberté sous caution en novembre.
Lors du coup de filet, dirigé notamment par des unités spéciales de la police fédérale, des armes de guerre avaient été découvertes, et un policier belge avait été blessé dans un choc en voiture. L'accusation reproche aux malfaiteurs qui tentaient de fuir d'avoir délibérément pris pour cible des véhicules de la police belge.
Au procès, le braqueur va contester les charges qui pèsent contre lui. «Aucune arme n'a été retrouvée dans le véhicule où se trouvait Antonio Ferrara» à son arrestation, a déclaré à l'AFP Me Martins. L'avocat a affirmé que l'enquête de téléphonie n'avait pas réussi à démontrer ses liens avec la bande de malfaiteurs qui s'apprêtait à passer à l'acte en Allemagne.
Le ministère belge de l'Intérieur s'est constitué partie civile.