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Rhône : un homme en contact avec Dominique Pelicot condamné à 15 ans de réclusion criminelle pour avoir drogué puis violé sa compagne

L'avocat général avait requis 12 ans de réclusion à l'encontre de cet ex-garde du corps. [LOIC VENANCE / AFP]

Un homme de 39 ans, jugé pour avoir violé et drogué sa compagne, et qui échangeait avec Dominique Pelicot, a été condamné vendredi à 15 ans de réclusion criminelle par la cour criminelle du Rhône, soit trois ans de plus que ce qui avait été requis.

Une peine exemplaire dans cette affaire inspirée de celle des viols de Mazan. Jugé depuis jeudi devant la cour criminelle du Rhône pour avoir drogué puis violé sa femme avant de diffuser en ligne les images de ses méfaits à l'insu de sa compagne, un homme de 39 ans, qui échangeait avec Dominique Pelicot, a été condamné vendredi à 15 ans de réclusion criminelle.

L'avocat général avait requis 12 ans de réclusion à l'encontre de cet ex-garde du corps, qui avait filmé ses agissements et diffusé des clichés volés de sa compagne nue entre 2015 et son interpellation en 2023.

La cour criminelle du Rhône «souhaite marquer la gravité des faits, qui ont commis un préjudice très important» à la victime, a déclaré sa présidente, Dominique Thevenet, les «traits de perversité» de l'accusé l'ayant fortement «inquiétée».

Un suspect reconnu coupable de tous les faits reprochés

L'homme de 39 ans a été déclaré coupable de l'entièreté des faits qui lui étaient reprochés, une décision motivée par «la répétition», la «durée», et la «violence verbale» dont il a fait preuve envers elle, dans les vidéos qu'il a filmées à son insu.

Outre un suivi socio-judiciaire et une injonction de soin, l'ex-garde du corps s'est vu retirer l'entièreté de l'autorité parentale sur le fils qu'il a eu avec sa compagne.

Cette peine est «nécessaire pour cette atteinte physique et psychique à celle qui partageait sa vie, “chosifiée“ en simple accessoire sexuel, livrée aux fantasmes pervers», d'un «pervers sexuel» au «comportement machiavélique», a indiqué l'avocat général, Michel Guedes.

Au cœur de l'affaire, des vidéos, insoutenables, projetées à l'audience, où l'accusé, propos dégradants à l'appui, viole et agresse sexuellement sa compagne et mère de son fils, inerte. En début d’après-midi, l’accusé avait avoué avoir «à deux reprises, administré des cachets à sa compagne», un revirement par rapport à la veille où il avait fermement nié l’avoir «jamais droguée». 

Dominique Pelicot comme «gourou»

Les faits s'étendent de 2015 au 13 juin 2023, jour de l'interpellation de l'accusé au domicile conjugal. Dans son téléphone sont notamment retrouvées des conversations en ligne au cours desquelles il partageait des images volées de sa compagne, et mère de son fils, dénudée.

Mais l'enquête qui le vise remonte à l'arrestation, en septembre 2020, de Dominique Pelicot, condamné en 2024 à 20 ans de prison pour avoir violé et livré sa femme Gisèle à des dizaines d'inconnus.

Dans une conversation en ligne retrouvée après son interpellation, Dominique Pelicot offre ses conseils à l'accusé, se plaçant, comme le dit l'avocat général, «en gourou averti à ce nouvel adepte».

«Je vous suis à la lettre», lui avait répondu son interlocuteur, qui est allé jusqu'à proposer à Dominique Pelicot de venir à Lyon, afin de passer lui-même à l'acte. Mais celui-ci n'a jamais fait le voyage, comme le démontrera l'enquête, et comme l'assure avec force l'accusé, preuve supplémentaire selon lui que ses déviances sexuelles ne sont que «virtuelles».

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