Les six zones d'ombre de l'enquête

Chevaline Depuis la découverte des quatre corps et des deux survivantes, le flou règne sur l'identité des victimes.[PHILIPPE DESMAZES / AFP]

Un peu plus de 24 heures après la tuerie de Chevaline, les enquêteurs se trouvent confrontés à une affaire hors-norme, autant par sa violence que les interrogations qui apparaissent sur les circonstances du drame.

> L'identité même des victimes

Depuis la découverte mercredi des quatre corps et des deux survivantes, le flou règne sur l'identité des victimes. Si les enquêteurs sont certains que les deux fillettes sont sœurs, ils sont en revanche incapables de décrire la nature réelle des liens des victimes entre elles.

Toutes sont d'origine britannique. Et à en croire leur voisin du camping de Saint-Jorioz où elles séjournaient, les victimes formaient bel et bien une famille composée d'un couple, d'une grand-mère et deux petites filles. Mais le procureur de Chambéry a prudemment indiqué que ce fait n'était pas établi.

Seules informations certaines, le véhicule retrouvé est inscrit au nom d'un britannique d'origine irakienne, domicilié dans la grande banlieue de Londres, Saad al-Hilli, 50 ans. Une identité qui correspond à celle laissée au camping de Saint-Jorioz.

Sur la scène du crime deux passeports ont été découverts, un Suédois et un Irakien. Le ministre suédois des affaires étrangères a indiqué aujourd'hui que la plus âgées des victimes était suédoise.

 

>  Un témoin capital… lui aussi Britannique

C'est un témoin à vélo qui a découvert la scène. La tuerie venait de se produire puisqu'il s'était fait dépasser par le cycliste retrouvé mort quelques minutes auparavant.

Ce témoin est lui aussi Britannique. Ancien de la Royal Air Force, il serait propriétaire d'une maison dans la région. Lors de sa conférence de presse, le procureur de la République, Eric Maillaud, a loué son comportement lors de la découverte des corps et son rôle capital dans la survie de la fillette retrouvée blessée.

Interrogé sur cette coïncidence, le procureur de la République n'a commenté cette présence. En revanche on sait qu'il aurait raconté aux enquêteurs comment il se serait retrouvé face à la fillette blessée qui se serait "écroulée" devant lui. Plein de sang-froid, l'homme a pris des décisions rationnelles. C'est lui qui a éteint le contact de la voiture dont le moteur tournait. Lui encore qui a mis la fillette en PLS (position latérale de sécurité). Lui enfin qui aurait appelé les services de secours.

 

> Une quinzaine de douilles et pas un bruit ?

Le cycliste, l'homme et la femme âgée aurait été touchés par des balles à la tête selon le procureur de la République d'Annecy.

Une quinzaine de douilles ont été retrouvées dans le véhicule et autour. La voiture n'a cependant pas été arrosée de tirs. Il n'y a pas d'impact de balle sur le corps de la plus jeune des deux femmes. "A l'heure actuelle, je ne sais pas de quoi elle est morte", a expliqué le procureur.

Vraisemblablement, il s'agit d'une arme automatique. Au regard du nombre de balles tirées, l'intention de tuer était manifeste. Mais pour l'heure, bien que ce chemin soit décrit comme fréquenté par des touristes et des riverains, aucun témoin

 

> Deux survivantes

La présence de ces deux survivantes laisse les enquêteurs perplexes. Ce miracle est en contradiction avec la violence de la tuerie, mais aussi avec le sort réservé à la quatrième victime, le cycliste retrouvé près du véhicule. La fillette qui n'a pas été touchée est-elle parvenue à se cacher ? Comment la fillette retrouvée blessée est-elle parvenue à être épargnée. Le ou les tueurs ont-ils eu pitié de ces deux enfants ? Ont-ils manqué de temps ?

 

> Des mobiles qui dépassent la fiction

La sauvagerie de cette tuerie est sans doute l'élément le plus marquant de ce tragique événement. L'identité des victimes, l'activité professionnelle du détenteur du passeport et du véhicule, un cadre aéronautique, interpelle déjà la presse britannique qui se passionne d'ores et déjà pour cette affaire.

"Compte tenu de ce que l'on voit, il est certain que la piste criminelle est à mettre en numéro un, a affirmé le procureur d'Annecy.

D'après Le Monde, toutes les pistes sont balayées par les enquêteurs : la famille aurait pu surprendre des trafiquants en pleine transaction ou des islamistes à l'entraînement. Les journaux britanniques évoquaient encore d'autres hypothèses. Le Daily Mirror, évoquait ce matin un "carjacking" qui aurait mal tourné.

 

> Beaucoup de bagages dans la voiture

Une petite fille de 4 ans a été retrouvée indemne dans la BMW, huit heures après la tuerie. Ce délai n'a pas manqué de créer un début de polémique.

Elle était "totalement invisible" cachée "sous les jambes de sa mère" morte pendant toute cette période ont justifiés les enquêteurs.  "Les pompiers, les techniciens, les médecins ont regardé dans la voiture par des trous à travers les vitres, mais ils n'ont pas vu la petite."

Lors de la conférence de presse, le procureur de la République d'Annecy a confié que ce sont des bagages au pied de sa mère qui lui aurait permis de se cacher. Ces personnes ne semblaient apparemment pas sur le départ.

 

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