Hervé Ghesquière jugé pour diffamation

Hervé Ghesquière le 13 juillet 2011 lors d'une émission de France Inter à Paris [Miguel Medina / AFP/Archives] Hervé Ghesquière le 13 juillet 2011 lors d'une émission de France Inter à Paris [Miguel Medina / AFP/Archives]

Le procès en diffamation intenté au journaliste Hervé Ghesquière et à une publication du Pas-de-Calais par un militaire a débuté mardi devant le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer.

Le lieutenant-colonel Jackie Fouquereau, ancien responsable presse de l'armée à Kaboul, reproche notamment à Hervé Ghesquière de l'avoir qualifié de "lâche" dans un entretien aux Echos du Touquet, hebdomadaire qui fait partie du groupe Voix du Nord, repris ensuite dans d'autres titres.

En toile de fond presque tout au long de l'audience de mardi, la polémique autour de l'imprudence supposée d'Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, alors en reportage pour le magazine de France 3 "Pièces à conviction".

Dans son livre paru mi-septembre, Hervé Ghesquière met en cause l'armée française, surtout son responsable presse en Afghanistan, coupable, selon lui, d'avoir "intoxiqué" l'Elysée et le gouvernement en leur affirmant que les journalistes cherchaient "à tout prix à rencontrer des talibans", ce qui avait causé leur perte.

"On ne se souvient pas que des otages aient été traînés dans la boue pendant les trois premiers mois de leur détention", a expliqué M. Ghesquière mardi devant le tribunal. Il s'est demandé, après son retour sur le sol français après 547 jours de détention, "d'où vient cette polémique ?".

Il a dit mardi avoir adressé notamment plusieurs SMS et deux lettres recommandées à M. Fouquereau pour le rencontrer et faire la lumière sur l'origine de la polémique, sans obtenir de réponse de sa part, alors que les plus hauts responsables de l'Etat et de l'armée lui ont accordé "entre 50 minutes et trois heures d'entretien" pour l'écriture de son livre.

Hervé Ghesquière le 13 juillet 2011 lors d'une émission de France Inter à Paris [Miguel Medina / AFP/Archives]
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Hervé Ghesquière le 13 juillet 2011 lors d'une émission de France Inter à Paris
 

"Je demande juste à le voir les yeux dans les yeux, explique Hervé Ghesquière. J'ai été traité comme un moins que rien".

"M. Fouquereau, c'est pas un parmi d'autres, c'est la source", a estimé M. Ghesquière, qui reconnaît s'être "emporté dans cette interview".

Selon lui, la plainte en diffamation porte "sur une formulation", et le terme de "lâche" est "à comprendre dans le sens que son acte était lâche car il refusait seulement de me voir et c'était le seul, pas l'homme en tant que tel".

"J'attends que la justice reconnaisse le bien-fondé de ma démarche. Je fais confiance à la justice pour pointer les responsabilités des uns et des autres", a déclaré quelques jours avant l'audience à l'AFP M. Fouquereau, présent à l'audience.

Au début de l'audience, l'avocat d'Hervé Ghesquière a soulevé une requête en irrecevabilité, parce que son client a été cité à comparaître pour un motif inadéquat - "diffamation aggravée envers un fonctionnaire" - alors que le plaignant n'appartenait plus à l'armée au moment de la parution de l'article. Le tribunal devait rendre sa décision à ce sujet en même temps que sur le fonds.

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