A bord de l'hélicoptère Caïman NH90, fleuron de la Marine française

Le Caïman NH90 qui participera à la cérémonie de clôture du défilé du 14 juillet.[DirectMatin.fr]

Parmi les hélicoptères attendus à la cérémonie de clôture du 14 juillet, figure le Caïman NH90 de la Marine française. Un appareil dernier cri dans lequel DirectMatin.fr a pu embarquer en vol depuis la BAN de Lanvéoc-Poulmic (Finistère) jusqu'à la Base aérienne 110 de Creil (Oise).

 

Imaginé et pensé par la France, l’Allemagne, l’Italie et les Pays-Bas dès le début des années 80, le NH 90 (comme Nato Helicopter 90) devait être mis en service en…1999.

C’était sans compter sur les retards accumulés lors du développement de l’appareil (défection de la Grande-Bretagne en 1987, crise budgétaire de l’UE...). Si bien que la Marine française a reçu le premier de ses 27 Caïman le 27 mai 2010 en attendant le solde d'ici 2021 (pour rappel, l’Armée de Terre a de son côté commandé 68 Caïman dans sa version TTH).

 

Un Caïman NH90. (DirectMatin.fr)

 

Aussi performant dans les missions de combat naval que dans celles de soutien en mer (recherche, sauvetage…), cet hélico 2 en 1 doit à terme mettre au rebut les vieillissants Lynx et Super Frelon.

 

> Commandes de vol électriques et "glass cockpit"

Le Caïman NH90 est équipé de commandes de vol électriques (CDVE) en vol, au décollage et à l’atterrissage. Une première pour un hélicoptère militaire. Cette avancée technologique apporte une plus grande stabilité de l’appareil. Toutes les perturbations qu’elles soient dues aux imprécisions du pilote ou aux phénomènes aérodynamiques peuvent ainsi être gommées par les calculateurs. "On arrive quasiment à un pilotage enfantin", explique le Commandant Rodolphe Goupil de la flottille 33F de la BAN de Lanvéoc-Poulmic .

Pour preuve, le mode "hands off" permet à l’hélico de se rendre à un point donné en entrant simplement ses coordonnées géographiques sans que le pilote ne touche à rien.

 

Dans le cockpit du Caïman NH90. (DirectMatin.fr)

 

Le cockpit du Caïman  NH90 est équipé d’un tableau à cinq écrans. Ce que les Anglais appellent le "glass cockpit", le cockpit de verre. Il s'agit d'écrans multifonctions : ils peuvent afficher des informations de vol, des informations tactiques ou encore le manuel de vol (qui compte normalement 10.000 pages).

 

> Toute la gamme de la lutte anti sous-marine

L’hélicoptère dispose d’un sonar (un radar qui permet de repérer les sous-marins à l’aide d’ondes acoustiques), de bouées acoustiques actives et passives qui "écoutent sous l’eau" et savent repérer la présence des sous-marins en détectant leur signature.

"En fonction des nations, les sous-marins ont une signature acoustique spécifique", rappelle le Commandant Rodolphe Goupil.

D’autre part, le Caïman NH90 est capable de charger deux torpilles MU90. La torpille est larguée depuis l’hélicoptère avec un petit parachute. Quand elle pénètre dans l’eau, une pile démarre alors ses hélices ce qui lui permet d’aller à la rencontre du sous-marin recherché.

 

Point d'emport pour les torpilles MU90. (DirectMatin.fr)

 

> Armé aussi pour le contre-terrorisme maritime et la lutte antinavire

Le Caïman NH90 peut embarquer à bord des tireurs d’élite utilisant des armes de petit calibre (pour des tirs de précision) comme de gros calibre (utilisé notamment pour neutraliser les moteurs de hors-bord des narcotrafiquants). D’ici 10 ans, le Caïman Marine sera capable d’emporter deux missiles antinavires légers.

Par ailleurs, le Caïman NH90 dispose d’un radar (il repère les avions, les bateaux, les sous-marins en surface) et d’une tourelle FLIR, plus communément appelée caméra thermique. Ce type de caméra révèle la chaleur résiduelle et les différences de chaleurs entre les objets.

Concrètement, cela permet "d’obtenir une image dans le noir". Grâce à la tourelle FLIR (comme Forward Looking Infrated - en français Imagerie Infrarouge Frontale), les militaires identifient un navire en pleine nuit ou détectent la chaleur des personnes recherchées lors de secours en mer.

 

Utilisation de la tourelle FLIR (vue du Mont-Saint-Michel). (DirectMatin.fr)

 

> Une faible signature radar

La forme du NH90 et le fait que son fuselage soit conçu en fibres de carbone, diminuent la signature radar du NH90 Caïman. Mais cela ne le rend pas complètement indétectable.

Ce sont les tranches d’altitudes choisies par le pilote (à basse altitude, les portées radars sont moindres car les ondes se propagent moins bien), qui offrent la possibilité au NH 90 d'avancer "cacher". Sur ce point, le dernier hélicoptère de la Marine française est capable d’évoluer de nuit à très basse altitude à une vitesse de 300 km/h.

Concernant le système d’autodéfense, le Caïman NH90 est équipé d’un lance-leurres infrarouges ou paillettes métalliques qui permettent de leurrer les missiles thermiques ou les missiles à guidage antiradars. Concrètement, si l’hélico est la cible de tirs, le système préviendra l’équipage qui sera en mesure de leurrer la menace. L’idée est donc de faire illusion : faire croire au missile ennemi qu’il a une cible plus importante à proximité de lui.

 

> Paré pour le sauvetage en mer

Le Caïman Marine nécessite un équipage de trois hommes. Un pilote qui commande l’aéronef et est responsable de l’appareil, de la circulation aérienne et du traitement des pannes.

L’assistant pilote – coordinateur tactique – est responsable de la mission et du choix des capteurs prioritaires. Il est aussi appelé TacCo.

 

Un opérateur Senso sur le Caïman NH90. (DirectMatin.fr)

 

Enfin, l’opérateur Senso est aux ordres du coordinateur tactique pour utiliser les différents senseurs. Il est le "chef cargo" de l’hélicoptère et fait office de treuilliste sur les missions de sauvetage en mer. Il dispose d’une console dans la cabine du NH90.

A ce jour, 14 pays ont confirmé la commande de 530 NH90.

 

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