Accusation de viol au "36" : les policiers mis en cause "n'ont plus leur place"

Le directeur de la PJ parisienne Bernard Petit le 23 juin 2012 à Bobigny  [Francois Guillot / AFP/Archives] Le directeur de la PJ parisienne Bernard Petit le 23 juin 2012 à Bobigny [Francois Guillot / AFP/Archives]

Les policiers mis en cause dans une enquête pour viol sur une touriste canadienne au 36, quai des Orfèvres à Paris "n'ont plus leur place à la police judiciaire", a déclaré lundi le directeur de la PJ parisienne Bernard Petit sur Europe 1.

 

Deux policiers ont été mis en examen dans la nuit de samedi à dimanche pour viol en réunion et placés sous contrôle judiciaire, tandis qu'un troisième a été entendu sous le statut de témoin assisté par le juge d'instruction.

L'un des deux hommes mis en examen a reconnu une relation sexuelle avec la plaignante, une Canadienne de 34 ans, mais soutient qu'elle était consentie.

"Nous attendons les résultats de l'enquête mais d'ores et déjà, sur le plan administratif, les choses sont assez claires dans nos têtes: ces garçons n'ont plus leur place dans notre unité, au 36, quai des Orfèvres, et à la police judiciaire", a dit Bernard Petit. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait déjà décidé dimanche de suspendre les trois policiers "mis en cause".

Vue en date du 13 septembre 2013 de l'entrée du "36 quai des Orfèvres" à Paris   [Jacques Demarthon / AFP/Archives]
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Vue en date du 13 septembre 2013 de l'entrée du "36 quai des Orfèvres" à Paris

Au-delà, la question du maintien de ces hommes dans la police est "une question qui se pose et qui se posera", a souligné le patron de la PJ parisienne.

"Ce qui vient d'arriver doit être un électrochoc. C'est inadmissible", a-t-il martelé, évoquant, au-delà de l'enquête sur le viol, des "comportements" qu'il "découvre". "Il y aura un rappel des règles. Il y a une compatibilité à avoir avec une hygiène de vie, un devoir d'exemplarité", a-t-il dit.

M. Petit a affirmé qu'il n'était "pas au courant" que des policiers fassent visiter le siège de la PJ de nuit, comme cela est arrivé avec la touriste canadienne. Il a aussi déclaré qu'il était "faux" de dire que les bureaux du "36" avaient été "nettoyés à l'eau de Javel" ou que le chef de service à la tête de l'unité des trois policiers avait "briefé" son équipe avant l'arrivée de l'IGPN, la "police des polices".

Les trois hommes sont membres de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI), l'antigang spécialisée dans les interventions difficiles.

 
 

Après une soirée arrosée, elle aurait selon ces sources accepté de les suivre dans les locaux de la BRI du "36", dans la nuit de mardi à mercredi. C'est en ressortant, visiblement sous le choc, qu'elle a affirmé à l'agent de faction avoir été violée.

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