Arrestations ratées : la faute à Cheops, le fichier de la police ?

[CC0 Public Domain ]

L'arrestation ratée de trois djihadistes de retour de Turquie a mis en évidence les lacunes de Cheops, le vaste fichier policier censé indiquer aux forces de l'ordre qu'ils sont en présence d'une personne recherchée.

 

Cheops coupable ? Au lendemain du cafouillage lié à l'arrestation ratée de trois djihadistes, tous les regards se sont tournés vers cet outil policier qui fédère la plupart des systèmes de surveillance existants en France. Il sait tout ou presque sur chacun.

Cheops, pour Système de circulation hiérarchisée des enregistrements opérationnels de la police sécurisés, compile les données des fichiers à la disposition de la police.

C'est un portail d’accès qui permet ainsi aux forces de l'ordre d’accéder au fichier informatisé du terrorisme (FIT), à celui des Renseignements généraux (FRG), au fichier national transfrontières (FNT). Mais aussi au fichier des personnes recherchées (FPR), au système de traitement des infractions constatées (STIC), au fichier des véhicules volés (FVV) et même au fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG).

 

Difficile d'échapper à son filtre

Une fois un nom de famille et d'autres données personnelles introduits dans le système, difficile d'échapper à cette moulinette si l'on a quelque chose à se reprocher. A condition que Cheops fonctionne.

Car les trois djihadistes présumés faisaient partie des fichiers de police. Ils auraient donc normalement dû être interpellés dès leur arrivée à l'aéroport en France, à la douane, où leurs passeports pouvaient être exigés.

Pourtant, ils sont passés inaperçus. C'est que Cheops, créé en 2001, est souvent en panne. Le système était inutilisable mardi. "Il y a eu une panne à Marseille" a confirmé ce mercredi matin le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

 

Techniquement dépassé

"Nous avons des pannes tous les jours dans les services. Ces pannes sont fréquentes parce que nous avons des systèmes informatiques avec des moteurs de 2CV. Nous ne cessons de le dénoncer," s'est insurgé Christophe Rouget, un membre du syndicat des cadres de la sécurité intérieure, ce matin.

Selon lui, les années de disette budgétaire et les choix techniques différents opérés par la gendarmerie et la police ont achevé de rendre l'utilisation de Cheops fastidieuse : "Cela conduit aujourd’hui les policiers français à utiliser des systèmes informatiques dépassés, des logiciels régulièrement en panne, qui ralentissent et complexifient le travail des enquêteurs." Le constat est cinglant.

Sans compter que cette somme de renseignements éminemment sensibles n'a pas été à l'abri de piratage par le passé.

 

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