Ados morts à Clichy : procès en mars

Les deux adolescents avaient péri en se réfugiant dans un transformateur EDF.[OLIVIER LABAN-MATTEI / AFP]

Le procès des deux policiers poursuivis pour la mort de deux adolescents dans un transformateur électrique à Clichy-sous-Bois en octobre 2005 aura lieu du 16 au 20 mars 2015, a indiqué lundi le procureur de la République de Rennes, Thierry Pocquet du Haut-Jussé.

 

Les deux policiers comparaîtront devant le tribunal correctionnel de Rennes pour "non-assistance à personne en danger", près de dix ans après la mort de Zyed Benna, 17 ans, et Bouna Traoré, 15 ans, qui avait embrasé les banlieues françaises.

L'audience "est prévue sur toute la semaine", a indiqué dans un courriel à l'AFP le procureur de Rennes, ville où l'affaire a été dépaysée par la Cour de cassation en octobre 2012, lors de l'annulation du non-lieu prononcé par la cour d'appel de Paris. La cour d'appel de Rennes avait ensuite décidé en septembre 2013 de renvoyer les policiers en correctionnelle.

Le 27 octobre 2005, à la suite d'une course poursuite, Zyed et Bouna avaient péri électrocutés dans un transformateur EDF où ils s'étaient réfugiés. Un troisième jeune, Muhittin Altun, 17 ans au moment des faits, avait été grièvement brûlé.

La mort des deux adolescents avait été suivie par trois semaines d'émeutes dans les banlieues françaises, culminant dans la nuit du 6 au 7 novembre 2005, lorsque 274 communes avaient été touchées. Le gouvernement avait dû décréter l'état d'urgence.

Les parties civiles estiment que les policiers savaient que les adolescents s'étaient réfugiés sur le site EDF, et avaient négligé de les prévenir qu'ils couraient un danger de mort. Mais la défense soutient que les policiers étaient "convaincus" que les adolescents ne s'y trouvaient pas.

La cour d'appel de Rennes avait estimé l'an dernier que pouvaient être poursuivis "le gardien de la paix qui a vu courir les deux adolescents en direction du transformateur", et "sa collègue qui tenait le standard du commissariat, qui a entendu le message radio". Aucune charge n'avait été retenue contre les autres policiers dont la mise en examen avait été demandée par les parties civiles.

L'affaire avait pris une tournure politique lorsque le ministre de l'Intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy, avait affirmé au lendemain des faits que "la police ne poursuivait pas physiquement" les trois jeunes. Or, fin 2006, un rapport de l'Inspection générale des services (IGS) reconnaissait que les trois mineurs avaient bien été poursuivis par des policiers. Mais aucun "manquement" des policiers n'était relevé, estimait alors l'IGS.

Les deux policiers avaient été renvoyés une première fois en correctionnelle par des juges d'instruction de Bobigny en 2010, mais cette décision avait été invalidée en appel, avant que la Cour de cassation n'ordonne finalement une nouvelle procédure.

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