Christian Eckert : "Pas d'augmentation d'impôts en 2015"

Le secrétaire d'Etat au Budget, Christian Eckert, à Paris le 25 octobre 2013 [Martin Bureau / AFP/Archives] Le secrétaire d'Etat au Budget, Christian Eckert, à Paris le 25 octobre 2013 [Martin Bureau / AFP/Archives]

Embellie sur le front économique. Le déficit public français devrait être moins élevé que prévu l’an prochain, à 4,1 au lieu de 4,3 %, a annoncé mercredi le gouvernement.

 

Un résultat qui permettrait d’être «largement» en dessous de la barre des 3 % en 2017, selon Bercy. Pour Christian Eckert, secrétaire d’Etat au Budget, c’est la preuve que la politique économique du gouvernement est efficace.

Comment expliquer cette révision des prévisions du déficit ? 

C’est d’abord dû aux 3,6 milliards d’euros dont nous avons présenté la décomposition, et qui recouvrent à la fois des révisions de charge de la dette, de plusieurs recettes, et aux mesures nouvelles adoptée dans les lois de finances en matière notamment de lutte contre la fraude et l’optimisation fiscales.

Le Parlement vient également de voter des mesures, comme la possibilité, pour certaines communes, de majorer la taxe d’habitation sur les résidences secondaires.

Peut-on certifier que les 3 % seront atteints en 2017 ?

La trajectoire adoptée par le Parlement en matière de finances publiques montre que les 3 % devraient être atteints en 2017. Il faut aussi que les conditions économiques en France, en Europe et dans le monde accompagnent ce mouvement. La croissance est frémissante, il faut qu’elle se confirme.

Où vont donc se concentrer les efforts dans les années à venir ?

Tout le monde est concerné. Il y a le budget de l’Etat, notamment ceux des ministères. Dépenses, achats, mutualisation des services… les efforts, déjà commencés, vont s’amplifier.

Au niveau de la Sécurité sociale, les dépenses d’assurance maladie seront maîtrisées grâce à l’utilisation accrue des génériques, la rationalisation des soins, la chirurgie ambulatoire, etc.

Les collectivités prendront également leur part, avec 11 milliards d’euros d’économies sur les trois ans à venir.

Aucune hausse d’impôt n’est donc à l’ordre du jour ?

Il n’y aura pas de décision d’augmentation d’impôts en 2015. Au contraire : pour les entreprises, ce sera la deuxième étape du pacte de responsabilité. Pour les ménages, qui bénéficieront d’une baisse de l’impôt sur le revenu de 3 milliards d’euros, nous mettrons également en place la fusion de la prime pour l’emploi et du RSA.

Pour 2016-2017, il n’y aura aucune augmentation.

Qu’est-ce que cela va changer vis-à-vis de la commission européenne ? De nos partenaires européens ?

Nous ferons la preuve que nous tenons les engagements que nous avons pris. Il y aura également une prise de conscience que la politique européenne doit favoriser l’investissement et le soutien à la croissance. 

L’Allemagne renforce déjà son dialogue avec la France, les rencontres entre ministres des Finances et de l’Economie se multiplient. Les deux pays doivent retrouver une politique économique commune.

Je pense que de plus en plus de responsables allemands sont conscients que sans une croissance européenne, la croissance allemande serait en danger.

Pourquoi la baisse du déficit est-elle une bonne nouvelle pour les Français ?

Cela va freiner la progression de la dette. Or, ce sont les Français qui la paient. Préserver la dette, c’est préserver l’avenir. C’est aussi la preuve que les efforts demandés, ciblés sur ceux qui en avaient la capacité, portent leurs fruits.

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