Terrorisme : qui nous menace ?

Al-Qaida au Yémen a revendiqué hier l’attaque contre «Charlie Hebdo», ce qui confirme que de multiples groupes nous visent directement.[Capture d'écran YouTube]

Al-Qaida au Yémen a revendiqué hier l’attaque contre «Charlie Hebdo», ce qui confirme que de multiples groupes nous visent directement.

 

La France et l’Occident sont plus que jamais dans le viseur du terrorisme international. En revendiquant hier l’attaque de Charlie Hebdo, al-Qaida au Yémen (Aqpa) l’a confirmé, alors que les menaces contre l’Hexagone s’étaient multipliées ces derniers mois, notamment en provenance de Daesh.

Le jihadisme a pris de multiples visages, les groupes se multipliant en Afrique et au Moyen-Orient. Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), Boko Haram, Ansar Dine… la multiplication des réseaux terroristes a coïncidé avec l’émergence de nouvelles méthodes d’action.

Et comme l’ont montré les attaques perpétrées à Paris, il est de plus en plus difficile d’anticiper les actes terroristes, menés désormais par des individus souvent isolés.

 

Des réseaux multiples

Depuis les attentats du 11-Septembre, le panorama du terrorisme international s’est considérablement complexifié, al-Qaida ayant cédé la place à une multitude de groupes jihadistes. Si la mort d’Oussama Ben Laden, en mai 2011,  avait un temps laissé espérer un essoufflement, le répit a été de courte durée.

«Les groupes terroristes se sont autonomisés, avec des ramifications multiples, explique l’auteur de Terrorismes. Violence et propagande (Gallimard), François-Bernard Huyghes. Les menaces n’ont jamais été aussi nombreuses.»

Désormais, les sources du terrorisme s’étendent sur une vaste zone allant du Moyen-Orient à l’Afrique. Avant l’émergence de Daesh en Irak et en Syrie, on avait assisté à celle d’al-Qaida au Maghreb islamique au Sahel, qui a multiplié les enlèvements de Français, comme Hervé Gourdel, assassiné en septembre dernier.

En Syrie, le front al-Nosra se revendique d’al-Qaida. Au Mali, le groupe Ansar Dine a tenté de renverser le pouvoir, avant d’être stoppé par l’armée française en janvier 2013. Et au Nigeria, Boko Haram a décimé des villages entiers, faisant des milliers de victimes.

 

De nouveaux modes d’action

Ces groupes ne représentent toutefois pas tous le même niveau de menace. Alors qu’al-Qaida au Yémen revendique de frapper «l’ennemi lointain», Daesh est centré sur l’établissement de son califat en Irak et en Syrie.

Quant à Boko Haram et Aqmi, ils apparaissent, jusqu’à présent, comme des menaces locales. Contrairement à al-Qaida dans les années 2000, les groupes jihadistes n’ont plus les capacités de planifier des attaques de grande envergure. Ils misent ainsi sur la propagande via Internet et sur les initiatives individuelles, formant éventuellement des aspirants jihadistes au maniement des armes, comme les frères Kouachi, partis au Yémen en 2011.

«Mais je doute qu’ils aient reçu des instructions directes ou des financements d’al-Qaida au Yémen, estime toutefois F.-B. Huyghe. Comme Coulibaly avec Daesh, ils pourraient s’être revendiqués de ces groupes en raison de leur notoriété. C’est ce qu’on pourrait appeler du ”jihadisme des copains”, de petits groupes dans lesquels un individu peut avoir reçu une formation». Al-Qaida au Yémen pourrait avoir ensuite revendiqué l’attentat pour se faire de la publicité.

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