Ce que contient la réforme du collège

"Les enseignants français sont un peu livrés à eux-mêmes" au collège, selon l'OCDE [Jean-Christophe Verhaegen / AFP/Archives]

La réforme du collège et la refonte des programmes, menées de front dans un souci de cohérence, suscitent de vives critiques sur certains points, dont la suppression des options latin-grec et des classes bilangues.

 

Quel est le but affiché de la réforme du collège ?

Le collège est le point faible du système français, où les inégalités sociales "s'enkystent" comme le montrent les enquêtes internationales aux résultats peu glorieux pour la France. La ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem, qui se dit "pour l'élitisme républicain mais contre l'élitisme dynastique", veut que tous les élèves disposent des mêmes chances de réussir. Elle souhaite que tous apprennent deux langues étrangères le plus tôt possible et soient initiés aux langues anciennes.

 

Le latin et le grec vont-ils disparaître ?

Les options latin et grec sont supprimées. Le latin est choisi par 20% des collégiens en cinquième, mais seuls 5% continuent au lycée. Une déperdition qui prouve, selon les partisans de la réforme, que les élèves (et leurs parents) prennent cette option pour être dans une bonne classe ou contourner la carte scolaire.

Les options sont remplacées par un "enseignement pratique interdisciplinaire" consacré aux langues et cultures de l'Antiquité, ainsi qu'un "enseignement de complément" (une heure hebdomadaire en cinquième, deux heures en quatrième et troisième). L'initiation aux langues anciennes sera donc proposée à tous les collégiens, selon le ministère. Un "vernis de culture", raillent ses détracteurs, notamment les professeurs de langues anciennes.

 

L'apprentissage de l'allemand est-il mencé ?

Les classes bilangues (apprentissage de deux langues étrangères dès la sixième, 16% des élèves) laissent la place à l'enseignement de la deuxième langue étrangère pour tous dès la cinquième, et non en quatrième comme actuellement. Elles seront toutefois maintenues pour les enfants initiés en primaire à une autre langue que l'anglais.

 

Ces changements sont-ils au coeur de la réforme ?

Les débats se focalisent sur ces mesures, mais plusieurs syndicats protestent contre d'autres, jugées capitales pour l'évolution du collège. Parmi elles, une plus grande autonomie accordée aux établissements: chaque collège décidera à son gré de 20% de l'emploi du temps des élèves, consacrés à du travail en petits groupes, à l'accompagnement personnalisé et aux enseignements pluridisciplinaires.

Soutenus par les syndicats réformateurs (minoritaires), ces points sont vivement critiqués par les autres qui craignent que trop de pouvoir soit accordé au chef d'établissement et une "mise en concurrence" entre disciplines, enseignants et établissements. Une intersyndicale appelle à la grève le 19 mai.

 

Pourquoi les programmes d'Histoire sucitent-ils la polémique ?

Ils ont été toilettés dans le cadre de la refonte des programmes des classes du CP à la troisième. L'opposition, mais aussi des intellectuels et des historiens, estiment que les racines chrétiennes de la France sont ainsi passées sous silence au profit de l'islam.

L'académicien Pierre Nora regrette lui "une absence d'orientation", qui "reflète la crise que traverse la France, une des plus graves de son histoire". Le président du Conseil supérieur des programmes, Michel Lussault, répond que la naissance de l'islam fait partie des programmes obligatoires depuis des décennies et que le judaïsme et le christianisme sont aussi obligatoires. Le christianisme et le rôle de l'Eglise sont évidemment évoqués en fil conducteur à travers toute l'histoire de France.

 

Quand doivent entrer en vigueur ces réformes ?

Toutes deux sont prévues pour la rentrée 2016, une concomitance voulue par le ministère et saluée, une fois n'est pas coutume, par les acteurs du secteur. Najat Vallaud-Belkacem a assuré qu'elle soutiendrait "jusqu'au bout" sa réforme du collèges, validée par le conseil supérieur de l'éducation mais dont l'UMP demande le retrait pur et simple. La refonte des programmes en est, elle, au stade de la consultation. Les enseignants peuvent donner leur avis jusqu'à la mi-juin. Une mouture définitive sera mise au point en juillet.

 

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