Gaspillage alimentaire : Royal va "mettre la pression" sur les distributeurs

Ségolène Royal le 17 juillet 2015 à Paris [Francois Guillot / AFP/Archives] Ségolène Royal le 17 juillet 2015 à Paris [Francois Guillot / AFP/Archives]

"Je vais leur mettre la pression, mais je pense que c'est aussi leur intérêt, c'est leur image de marque" qui est en jeu, a-t-elle souligné sur France 2. "Je compte sur la responsabilité et la citoyenneté des entreprises de la grande distribution" pour parvenir à un accord, a expliqué la ministre.

 

"Le gaspillage alimentaire, c'est plus de 200 euros par an et par famille, c'est considérable", a souligné Mme Royal. Le "fléau" du gaspillage alimentaire est "tout simplement insupportable", a-t-elle ajouté.

Mme Royal qui rencontrera jeudi les enseignes de la grande distribution pour parvenir à un accord sur le gaspillage alimentaire, en raison de la censure par le Conseil constitutionnel de plusieurs paragraphes de l'article de la loi sur la transition énergétique sur ce sujet pour des raisons de procédure, a averti qu'à défaut, elle passerait par une loi.

"Dans une société, mondialement, où beaucoup de gens meurent encore de faim et où certaines familles en situation de précarité ne peuvent pas nourrir leurs enfants, c'est intolérable de détruire des biens qui sont encore consommables et d'utiliser encore un système de dates de péremption qui trompe le consommateur", a déclaré la ministre.

 

Les enseignes de grandes distrbution réagissent 

Le Groupement des Mousquetaires (Intermarché et Netto), en réaction à ces nouvelles déclarations de la ministre, a souligné dans un communiqué avoir "toujours été favorable aux dispositions législatives sur la lutte contre le gaspillage alimentaire" et a précisé que ses enseignes alimentaires "de leur propre initiative, appliquent depuis déjà plusieurs années les mesures prévues dans la loi sur la transition énergétique".

La Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) estime que la grande distribution est "le premier donateur aux associations", avec 31% des dons et souligne que le secteur n'est responsable que de 5 à 10% du gaspillage alimentaire en France, loin derrière la restauration (15%) ou les ménages (70%).

La plupart des distributeurs français ont expliqué ces dernières semaines être déjà engagés dans diverses pratiques anti-gaspillage.

Carrefour a ainsi redistribué à 800 associations l'équivalent de 77 millions de repas en 2014, selon la directrice développement durable du distributeur, Sandrine Mercier.

Leclerc, Intermarché et Système U ont noué des partenariats avec la start-up "Zéro gachis", pour instaurer des rayons spéciaux pour les produits à date courte, vendus à tarifs réduits, jusqu'à -70%.

 

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