Profs, parents et élèves appelés à manifester contre la réforme du collège

Les rangs de la manifestation pourraient être fournis samedi: les professeurs n'auront pas à renoncer à une journée de salaire comme c'est le cas lors des grèves [Hugo Mathy / AFP/Archives] Les rangs de la manifestation pourraient être fournis samedi: les professeurs n'auront pas à renoncer à une journée de salaire comme c'est le cas lors des grèves [Hugo Mathy / AFP/Archives]

Professeurs, parents et élèves sont appelés à manifester samedi à Paris contre la réforme du collège, un rassemblement qui pourrait être important après des journées de grève au succès mitigé.

 

L'intersyndicale, qui regroupe une dizaine d'organisations dont le Snes, premier syndicat dans le secondaire, et le Snalc, en pointe dans la lutte contre les textes de la rue de Grenelle, organise une marche nationale, à partir de 13H30, au départ de Port-Royal.

Le Snes table sur "une des plus grandes manifestations du second degré de ces dernières années", sans vouloir donner d'estimations. Il a affrété des cars depuis plusieurs villes de province pour acheminer les manifestants.

Selon Roland Hubert, cosecrétaire général de l'organisation, la réforme de la ministre de l'Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem apportera "inégalités croissantes entre les élèves, les établissements et les personnels", "destruction progressive" de l'enseignement par discipline, "augmentation de la charge de travail", "remise en cause de la liberté pédagogique" des enseignants, etc.

Cette manifestation fera-t-elle plier le gouvernement? Jusqu'ici, la ministre s'en est tenue à son leitmotiv, même après les trois journées de grève en mai, juin et septembre: "La réforme a été adoptée et elle s'appliquera".

Mais les syndicats hostiles répètent qu'elle ne pourra pas être appliquée dans les faits si les profs refusent de suivre les directives, une fois dans leur classe.

Parmi les points phares figurent plus d'interdisciplinarité (cours mêlant par exemple français et histoire), une autonomie accrue des établissements, une deuxième langue vivante dès la cinquième et un accompagnement personnalisé pour tous les élèves. Mais aussi la disparition d'une grande partie des classes bilangues (où deux langues étrangères sont enseignées dès la sixième), la fin des options latin-grec remplacées par des modules langues et culture de l'Antiquité...

Autant de mesures destinées à "rebooster" le collège et améliorer l'égalité des chances, selon le gouvernement, alors que les études internationales Pisa pointent régulièrement les failles du système français: l'origine sociale d'un élève pèse, plus que chez nos voisins, sur son destin scolaire.

 

"Fichage!"

Les rangs de la manifestation pourraient être fournis samedi. L'intersyndicale a appelé parents et élèves à la rejoindre, et les professeurs n'auront pas à renoncer à une journée de salaire comme c'est le cas lors des grèves.

Plusieurs associations de professeurs de langues anciennes ou d'allemand vont participer au cortège, craignant une érosion de leur discipline, mais aussi l'UNI (organisation étudiante de droite), le Parti de gauche, l'association conservatrice SOS Education...

La ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem vient d'essuyer un revers avec ces nouveaux programmes, qui ont été rejetés jeudi par la communauté éducative lors d'un vote consultatif [Pascal Pavani / AFP/Archives]
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La ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem vient d'essuyer un revers avec ces nouveaux programmes, qui ont été rejetés jeudi par la communauté éducative lors d'un vote consultatif
 

 

Bruno Le Maire, premier au sein du parti Les Républicains à avoir critiqué cette réforme au printemps, sera en revanche absent, car "il ne participe pas à des manifestations", bien qu'il y reste farouchement opposé.

La réforme, qui a suscité de violentes polémiques avant l'été, est prévue pour s'appliquer à la rentrée 2016, en même temps que la refonte des programmes, elle aussi objet de débats virulents.

La ministre vient d'ailleurs d'essuyer un revers avec ces nouveaux programmes, qui couvrent l'école élémentaire et le collège: ils ont été rejetés jeudi par la communauté éducative lors d'un vote consultatif, avec 18 voix pour, 21 contre et 12 abstentions. Un score cependant meilleur que celui qui avait accueilli les programmes précédents (en 2008), rejetés par 38 voix (contre 9 voix pour et 3 abstentions).

Autre récent incident de parcours, un excès de zèle de la part d'un inspecteur à Toulouse. Lors d'une réunion consacrée à la formation des enseignants, les chefs d'établissement ont été invités à estimer si leurs professeurs font partie du groupe des "rebelles", "attentistes" ou "convaincus" vis-à-vis de la réforme du collège. "Fichage!", se sont indigné les syndicats antiréforme.

 

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