Violences à Air France : cinq salariés au tribunal

Pierre Plissonnier, l'un des deux dirigeants d'Air France, molesté en marge d'un comité central d'entreprise le 5 octobre 2015 à Roissy-en-France [Kenzo Tribouillard / AFP/Archives] Les cinq salariés sont poursuivis pour "violences". [Kenzo Tribouillard / AFP/Archives]

Cinq salariés d’Air France accusés d'avoir pris part à l'épisode de la chemise arrachée du DRH début octobre sont convoqués mercredi pour une simple audience de fixation au tribunal correctionnel de Bobigny devant lequel est prévu un grand rassemblement de soutien.

La préfecture de Seine-Saint-Denis a autorisé mardi cette manifestation devant le tribunal. Parallèlement, des syndicats minoritaires de pilotes ainsi que d'autres représentants des personnels au sol, appellent à faire grève pour une «journée morte» chez Air France. Mais selon la compagnie, leur impact sera «très limité». «On acheminera tous nos clients vers leurs destinations», a indiqué à l'AFP un porte-parole, assurant qu'aucun vol ne sera annulé. Côté pilotes, ces appels émanent du Spaf (21%) et Alter (non représentatif) et courent jusqu'à jeudi inclus. Au sol, la CGT, FO et SUD aérien (non représentatif) ont aussi déposé des préavis.

Le procès devrait être renvoyé au printemps

Les cinq salariés de la compagnie, tous adhérents à la CGT et dont l'un est délégué du personnel, sont attendus à partir de 13h au tribunal correctionnel de Bobigny. Poursuivis pour «violences», exercées sur deux cadres et sur des vigiles en marge d'un comité central d'entreprise (CCE) mouvementé le 5 octobre, ils doivent assister à une audience de fixation, première étape avant d'étudier l'affaire au fond. Le procès devrait être renvoyé au printemps, selon des sources concordantes.

L'épisode de la «chemise arrachée» a marqué les esprits. Les images du directeur des ressources humaines Xavier Broseta et d'un autre cadre d'Air France fuyant torse nu devant des manifestants en colère, après l'annonce d'une restructuration menaçant jusqu'à 2 900 emplois, ont fait le tour du monde et suscité de multiples réactions politiques, le Premier ministre Manuel Valls qualifiant de «voyous» les fauteurs de troubles.

Dix plaintes avaient été déposées auprès du parquet de Bobigny, neuf pour des «violences» et une déposée par Air France pour «dégradations». Plusieurs salariés seront en parallèle poursuivis mercredi pour avoir secoué un portail d'accès au siège de la compagnie à Roissy, où se tenait le CCE.

Rassemblement à l'appel des syndicats

En amont du procès, un appel au rassemblement a été lancé par 13 syndicats de la compagnie à partir de midi. Plusieurs personnalités de gauche, dont Jean-Luc Mélenchon, sont attendues. Une «prise de parole de l'intersyndicale» est prévue, selon Miguel Fortea, secrétaire général de la CGT Air France. Il s'agit d'«être au côté des camarades incriminés injustement», qui ont été «pris pour l'exemple». «Aujourd'hui, ils sont sur le banc des accusés mais ça aurait pu être n'importe quel salarié» ayant pris part à la manifestation du 5 octobre, a-t-il déclaré à l'AFP.

La CGT nationale, des unions locales, mais aussi SUD PTT et Solidaires ont également annoncé qu'elles voulaient venir grossir les rangs contre la «violence patronale», notamment après les débordements violents en marge du rassemblement pour le climat de dimanche à Paris où de nombreux manifestants ont été interpellés.

Parallèlement au volet judiciaire, une procédure disciplinaire est en cours à Air France. L'un des salariés mis en cause a reçu sa lettre de licenciement vendredi, après le rejet de son recours gracieux.Trois autres ont également eu leur entretien préalable à un licenciement et leur recours est en train d'être étudié. Le dernier, personnel protégé, est également sous le coup d'une procédure de licenciement.

Une caisse solidarité, mise en place par la CGT, a permis de récolter près de 46.000 euros pour les prévenus, mis à pied et sans solde depuis le 12 octobre.

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