Manuel Valls dévoile un nouveau plan contre le terrorisme et la radicalisation

Manuel Valls à l'Assemblée nationale le 4 mai 2016 [BERTRAND GUAY / AFP/Archives] Le Premier ministre doit annoncer 80 mesures. [BERTRAND GUAY / AFP/Archives]

Manuel Valls a dévoilé ce lundi 9 mai un nouveau plan contre le terrorisme et la radicalisation, qui regroupe des mesures déjà connues et des dispositifs nouveaux, afin notamment de doubler les capacités de prise en charge de jeunes susceptibles de basculer dans le jihadisme.

Ce "nouveau plan d'action contre la radicalisation et le terrorisme", doté d'une enveloppe de 40 millions d'euros supplémentaires d'ici 2018, vise à doubler  en deux ans les capacités de prise en charge des jeunes actifs dans les réseaux jihadistes ou susceptibles de rejoindre leurs rangs. "La lutte contre le jihadisme est sans doute le grand défi de notre génération", a affirmé le Premier ministre, entouré de plusieurs ministres, dont Bernard Cazeneuve (Intérieur) et Jean-Jacques Urvoas (Justice), lors d'une conférence de presse à Matignon.

Un centre de réinsertion dans chaque région

Parmi les nouvelles mesures présentées, le Premier ministre a annoncé la création d'ici fin 2017 dans "chaque région" d'un centre de réinsertion pour "personnes radicalisées" ou susceptibles de basculer dans le jihadisme. Le premier centre sera "mis en place" cet été, a confirmé Manuel Valls, ajoutant que les premiers accueillis "pourront être des repentis dont nous éprouverons la sincérité et la volonté de réinsertion dans la durée". "Au moins la moitié" des futurs établissements accueilleront "à la demande de l'autorité judiciaire", des personnes "qui ne peuvent pas être placées en détention", a précisé le Premier ministre.

Afin de mieux coordonner la création et le fonctionnement de ces structures, une "cellule nationale de coordination et d'appui" à l'action des préfets, des départements et des associations va être créée au sein du Comité interministériel de prévention de la délinquance, qui verra ses effectifs renforcés.

A lire aussi : Un homme "radicalisé" a pris l'avion à Nantes avec des armes en soute

Les enquêtes administratives visant à passer au crible les personnes occupant des postes sensibles au sein des professions réglementées vont également être multipliées, avec des contrôles "à périodicité resserrée". Ce criblage sera par ailleurs "étendu au dispositif de préparation des grands événements", alors que l'Euro 2016 de football commence début juin en France.

L'exécutif compte également "construire de puissants contre-discours" pour "contrecarrer la propagande jihadiste et salafiste et casser cette entreprise d'embrigadement à grande échelle". L'une des mesures vise la mise en place d'un "conseil scientifique permanent" sur la radicalisation et le terrorisme, qui pourrait coordonner un réseau de recherche et renforcer les liens entre chercheurs et fonctionnaires de l'antiterrorisme.

Entrée en vigueur du PNR cet été

Enfin, le fichier dit PNR ("Passenger Name Record"), registre européen des données des passagers aériens, "entrera progressivement en vigueur" cet été. "Ce sera le premier PNR mis en oeuvre en Europe continentale", s'est félicité Manuel Valls, alors que la France a été le fer de lance son adoption au niveau européen le mois dernier.

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Derniers articles