Cinq jours après l'attentat de Nice, le gouvernement va demander mardi soir aux députés de prolonger l'état d'urgence, avec une extension de six mois comme le réclame une partie de la droite.
François Hollande a promis que «tout sera(it) mis en oeuvre pour protéger les Français» dans «le cadre de l'état de droit», lors du Conseil des ministres qui a adopté le projet de loi prorogeant l'état d'urgence, régime d'exception en vigueur depuis les attentats du 13 novembre.
Ce texte sera examiné dans la soirée au Palais Bourbon. Manuel Valls, hué à Nice lundi, défendra lui-même cette quatrième prolongation. Le record de durée, sans interruption, de l'état d'urgence (près de 8 mois pendant la guerre d'Algérie) est d'ores et déjà battu. Prévue par le gouvernement pour trois mois, la prolongation devrait même être portée à six mois, jusqu'à fin janvier 2017, comme le réclame une partie de la droite.
Suspense faible sur l'issue du vote
En déplacement à Lisbonne pour évoquer les suites du Brexit, le chef de l'État s'est dit «ouvert» à cette demande. Il a une nouvelle fois appelé à l'unité en soulignant: «Les terroristes veulent nous diviser, nous monter les uns contre les autres.»
Le suspense est assez faible sur l'issue du vote: le patron des députés LR Christian Jacob a déclaré devant ses troupes que la droite ne pouvait «pas ne pas voter pour l'état d'urgence». Point de suspense non plus au Front de gauche, majoritairement opposé à cette prolongation selon son chef de file à l'Assemblée André Chassaigne, «inquiet» des concessions faites à la droite.
Les perquisitions administratives rétablies
Le projet de loi va rétablir les perquisitions administratives et permettre d'exploiter les données des ordinateurs et téléphones saisis. Appelant au «rassemblement», M. Valls s'est montré ouvert à toute proposition pour «accroître l'efficacité de l'état d'urgence». Mais pas question d'accepter les centres de rétention préventifs réclamés par Les Républicains, une proposition «au-delà de la ligne rouge» de «l'état de droit», selon le secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement Jean-Marie Le Guen.
Nicolas Sarkozy (LR) avait jugé vendredi «indispensable» de prolonger l'état d'urgence. Mais, à neuf mois de la présidentielle, comme d'autres responsables de l'opposition, il a depuis reproché à l'exécutif de ne pas avoir fait tout le nécessaire pour protéger les Français.