4 actions pour lutter contre le sexisme au travail

Tout comportement agressif prend une dimension sexiste dès lors qu’il se fonde sur le sexe de la personne qui en est victime. [ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP]

De nombreux salariés sont encore victimes sur leur lieu de travail de comportements discriminatoires fondés sur leur sexe, indéniablement attentatoire à leur personne, tant moralement que physiquement, ce comportement pouvant dégénérer en harcèlement sexuel.

Prétendre que le sexisme n’existe plus dans notre société actuelle serait fallacieux, tant dans la sphère privée que dans le cadre professionnel. Face à ce constat, le principe de son interdiction a été consacré dans le Code du travail par la loi Rebsamen du 17 août 2015, dans son article L1142-2-1 :

«Nul ne doit subir d’agissement sexiste, défini comme tout agissement lié au sexe d’une personne, ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à sa dignité, ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant».

La lutte contre le comportement sexiste au travail passe avant tout par sa prévention, et sa dénonciation, la loi renforçant également l’obligation imposée à l’employeur de protéger ses salariés contre de tels agissements malveillants. Le Conseil des prud'hommes peut être saisit.

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Le sexisme au travail, une réalité factuelle

Tout comportement agressif prend une dimension sexiste dès lors qu’il se fonde sur le sexe de la personne qui en est victime. Les salariés, hommes ou femmes, y sont confrontés, même si la femme semble majoritairement être la cible de sexisme.

Ainsi, sur l’année qui vient de s’écouler, parmi les 35% de personnes qui affirment avoir subi un comportement discriminant dans sa sphère professionnelle, 22% d’actives déplorent être concernées par des comportements dégradants, méprisants ou dénigrants fondés sur leur seul statut de femme. Les comportements sexistes n’épargnent pas les hommes, seulement 1% d’entre eux en seraient victimes au travail, contre 8% de femmes.

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Les conséquences du sexisme sont lourdes et multiples pour les salariés qui en sont victimes : les dénigrements, humiliations ou offenses qui en sont ses manifestations les plus courantes engendrant mal être, perte de confiance en soi et dégradations de la santé mentale et/ou physique. Les salariés concernés sont en outre souvent confrontés à sa déviance, le harcèlement sexuel, dont les conséquences dévastatrices pour l’équilibre psychique et physique de la personne.

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Dénoncer les faits : les droits du salarié

1. Tout salarié victime de comportement sexiste ou de harcèlement sexuel dans son cadre professionnel se doit de le dénoncer, cette dénonciation étant le corrolaire nécessaire à la politique de renforcement de la lutte contre de tels agissements.

2. Le salarié exposé à une quelconque discrimination de cette nature peut se tourner vers l’inspection du travail, ou vers le Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), au demeurant habilité depuis la loi Travail du 8 août dernier, à proposer des actions de prévention des agissements sexistes.

3. Avant tout autre initiative, le salarié peut solliciter l’intervention de son employeur, investi d’une obligation générale de protection de la santé physique et mentale de ses salariés. Dans cette même optique, la loi Travail, tout en facilitant la preuve d’actes de sexisme, impose désormais  à l’employeur de prendre toutes les mesures nécessaires à leur prévention.

4. A défaut, le salarié est fondé à demander réparation en justice en saisissant le Conseil des prud'hommes.

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