Le pari perdu de Fillon

Les affaires auront finalement empêché l'ancien Premier ministre d'atteindre le second tour. [Christophe ARCHAMBAULT / AFP]

C'est dans les larmes de désespoir que plusieurs militants du parti Les Républicains ont terminé cette soirée du 23 avril, s'effondrant une fois leur candidat arrivé sur l'estrade.

Comme s'il n'avait fallu que l'apparition de François Fillon pour faire éclater la tension régnant depuis le début de la soirée dans les locaux du QG. Crédité denviron 20 % des suffrages exprimés, le candidat de la droite est arrivé en troisième position, échouant de peu de se qualifier pour le second tour

Une échéance pour laquelle il a donné des intentions très précises.«Ça nest pas de gaieté de cœur, mais l'abstention nest pas dans mes gênes. Le FN est connu pour sa violence. Au chaos, il faudrait rajouter le chaos européen, avec la sortie de l'Europe. Je voterai Emmanuel Macron au second tour», a-t-il souligné, non sans préciser à ses militants qu'ils étaient libres de le suivre ou pas dans ce choix. 

Une campagne plombée 

L'ancien Premier ministre a toutefois tenu à donner son analyse de sa défaite. Pour lui, cette troisième position est le résultat de la manière dont les médias ont traité les différentes affaires qui le concernent. Révélations du Canard Enchaîné sur les supposés emplois fictifs accordés à sa famille, affaire des costumes offerts par un ami... Des affaires qui auront finalement empêché l'ancien Premier ministre d'atteindre le second tour.

Longtemps, sa stratégie de défense avait toutefois fonctionné, puisqu'il avait réussi à limiter la casse dans les sondages. Sans sourciller, il avait affirmé être la victime d'un assassinat politique et médiatique, se murant dans la théorie du complot sans jamais songer à l'abandon. «Un jour, la vérité sera écrite sur cette présidentielle», a-t-il encore asséné, juste après l'annonce des résultats.

En attendant, la droite, absente du second tour pour la première fois dans la Ve république, va devoir se relever. Dans cette optique, Bernard Accoyer, secrétaire général des Républicains, a convoqué un comité politique du parti ce matin à 10H30, puis un bureau politique à 17h.

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