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Emmanuel Macron, un président face à d'immenses défis

Emmanuel Macron devra trouver une majorité pour gouverner. [THOMAS SAMSON / POOL / AFP]

Il a écrit l’Histoire. Avec 66,1 % des voix (contre 33,9 % pour sa rivale Marine Le Pen), Emmanuel Macron est devenu hier soir le huitième président de la Ve République.

A 39 ans, 4 mois et 16 jours, c’est également le plus jeune et, peut-être plus surprenant encore, le premier à ne pas être issu d’un des deux principaux partis politiques. Un séisme, donc, à l’image du parcours éclair de l’Amiénois, encore inconnu du grand public il y a à peine trois ans, qui a su monter les marches quatre à quatre, de l’ENA à l’Elysée, en passant par la banque d’affaires Rothschild.

A l’image aussi d’une campagne chaotique, qui a laissé les Français exsangues. Beaucoup (25,7 %) ont d’ailleurs boudé le scrutin d’hier. Ces derniers mois ont, il est vrai, été marqués par le renoncement du président en place, la mise en examen du candidat de la droite pour des soupçons d’emplois fictifs, le score le plus faible du Parti socialiste depuis sa création, en 1969, l’avènement de La France insoumise menée par Jean-Luc Mélenchon, ou encore la multiplication des attaques ad hominem et des «fake news» sur Internet.

Des épreuves qui auront laissé des traces, et obligeront le nouveau président de la République à agir en conséquence. Et ce dès les semaines à venir, après la passation des pouvoirs prévue le dimanche 14 mai, lorsqu’il va dévoiler le nom de son Premier ministre et la composition de son gouvernement, puis lors des législatives des 11 et 18 juin. Une étape qui fera office de deuxième round, où ses principaux concurrents entendent déjà prendre leur revanche. A commencer par Marine Le Pen, qui a annoncé hier qu’elle sera «à la tête de ce combat».

Une campagne surprenante

Jusqu’au bout, cette campa­gne présidentielle aura surpris. Car l’écart entre les deux candidats s’est finalement avéré plus important que ce qui était annoncé au cours des deux dernières semaines. Alors qu’il était crédité d’environ 60%  des voix il y a encore quelques jours, Emmanuel Macron a été élu hier président de la République avec cinq points de plus. Après un début d’entre-deux-tours délicat, le leader d’En Marche ! est donc parvenu à faire fructifier la bonne dynamique issue du débat de mercredi dernier. En recueillant le soutien de quasiment deux votants sur trois, le natif d’Amiens a également réussi à attirer les votes d’une partie des électeurs des candidats éliminés au premier tour, malgré la défiance exprimée par nombre d’entre eux.

Pour autant, cette large victoire n’est pas un plébiscite. Plus de 10 millions des électeurs ne se sont pas déplacés hier, plaçant l’abstention (25,7 %) à son plus haut niveau depuis 1969 pour un second tour d’élection présidentielle. Une augmentation de plus de trois points par rapport au premier tour d’autant plus marquan­te que, traditionnellement, la mobilisation est plus massive au second tour. Les votes blancs et nuls se sont situés aussi à un niveau historiquement haut, aux alentours de 9 % des inscrits, soit quatre millions de personnes.

Une situation qui risque de freiner l’élan d’Emmanuel Macron, alors que la bataille des législatives, mi-juin, a déjà démarré. Les tractations s’annoncent donc fébriles dans les jours à venir pour le futur chef de l’Etat, qui pourrait être contraint de faire des concessions pour former son gouvernement, et notamment nommer un Premier ministre extérieur à son mouvement. Dans tous les cas, il ne devra pas négliger le poids du Front national, plus que jamais présent sur la scène politique française. Car avec plus de 11 millions de suffrages (7,7 millions au premier tour), Marine Le Pen a réalisé un score historique. Il y a quinze ans de cela, son père, face à Jacques Chirac, n’avait rassemblé que 5,4 millions de voix.

 

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