«Les ouragans ne sont pas plus fréquents, mais ont gagné en intensité», selon un météorologiste

Un quartier de Marigot, capitale de Saint-Martin, le 6 septembre 2017, après le passage de l’ouragan. Un quartier de Marigot, capitale de Saint-Martin, le 6 septembre 2017, après le passage de l’ouragan. [© LIONEL CHAMOISEAU / AFP]

Alors que l'ouragan Irma a dévasté mercredi une partie des Caraïbes, Guillaume Séchet, météorologiste, prévisionniste et auteur du blog spécialisé «meteo-villes.com», fait un point sur la puissance et l'origine des tempêtes.

Pourquoi les ouragans actuels sont-ils si violents ?

«Depuis deux ans, les températures à la surface du globe se situent régulièrement au-dessus des normales. A l’inverse, les variations des vents sont plus faibles que d’habitude. Deux conditions qui expliquent en partie l’apparition de tempêtes tropicales dévastatrices, à l’image d’Harvey au Texas, la semaine dernière.

L’ouragan Irma a ainsi atteint le niveau le plus élevé de la classification des cyclones (5 sur 5), avec des rafales pouvant atteindre les 360 km/h. En termes de taille, il est quasiment aussi large que la France.»

L’ouragan Irma est-il lié au réchauffement climatique ?

«Très probablement. En effet, les cyclones se forment uniquement dans les mers chaudes, où l’eau est supérieure à 26 °C et l’atmosphère particulièrement humide. Au contact de l’océan, l’air devient très chaud et s’élève au-dessus du niveau de la mer dans une spirale, instable, qui produit une activité orageuse.

Ainsi, c’est mathématique : plus la température de l’eau est élevée, plus le cyclone peut être puissant.»

Ces phénomènes sont-ils amenés à se répéter ?

Ils risquent même de s’amplifier sur les îles et les côtes, notamment dans les Caraïbes, dans le sud-ouest des Etats-Unis ou encore en Asie du Sud-Est.

Tout du moins au vu de leur puissance : si les ouragans sur la planète ne sont pas plus fréquents qu’avant, ils ont considérablement gagné en intensité ces dernières décennies. Ceux de catégorie 1 et 2 sont de plus en plus rares, ceux de force 4 et 5 de plus en plus nombreux.

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