Un octogénaire condamné à 5 ans de sursis pour avoir tué sa femme atteinte d'Alzheimer

Les faits s'étaient déroulés le 29 octobre 2015. [FRED TANNEAU / AFP]

Un octogénaire à été condamné, ce vendredi 3 novembre, à cinq ans de prison avec sursis par la cour d'assises de l'Isère pour le meurtre de son épouse atteinte d'Alzheimer. 

Les faits s'étaient déroulés au matin du 29 octobre 2015. Hubert Ougier, alors âgé de 79 ans, avait étouffé son épouse au réveil avec un traversin, «épuisé» par cette vie au côté de sa compagne malade, dont l'état se dégradait. Il avait été retrouvé dans la baignoire de leur modeste demeure, les poignets et la gorge entaillés, mais bien vivant. 

Face aux jurés, avant qu'ils ne se retirent pour délibérer, l'octogénaire, secoué de larmes, avait rappelé une fois de plus qu'il était «malheureux de la disparition de [sa] femme et de ne pas être parti avec elle». Il souhaitait en effet être enterré avec elle lors de funérailles communes. 

«La maladie d'Alzheimer ne donne pas une autorisation à tuer»

Les jurés ont délibéré en moins de deux heures pour rendre ce verdict, conforme aux réquisitions du susbtitut général, Paul Rabesandratana. Ce dernier refusait de considérer cet acte comme «un suicide altruiste», arguant que l'«alzheimer ne donne pas une autorisation à tuer». 

L'avocate de la défense, Me Solen Morvan, s'est quant à elle dite «déçue» de cette décision, car elle espérait l'acquittement pur et simple de son client, pour lequel elle avait plaidé le «coup de folie» et demandé la bienveillance des jurés. Elle n'envisage cependant pas de faire appel. 

Plus tôt lors de cette deuxième journée d'audience, Jean-Philippe, le fils unique de l'accusé et de la victime, qui s'était constitué partie civile, avait témoigné. «Je n'ai rien vu venir. Le jour des faits, ça a été un effondrement pour moi», a raconté cet homme âgé de 54 ans. 

«C'est à ce moment-là que j'ai vraiment compris la détresse dans laquelle était mon père. Je pense qu'[il] est allé à la limite de ce qu'il pouvait faire. Il lui faisait tout, elle ne faisait rien», a ajouté le fils, qui envisageait de placer sa mère dans un centre spécialisé. «C'était un couple heureux, uni. Ce qui a dégradé les choses, c'est la santé de ma mère. Elle avait vraiment le visage de la maladie». 

«J'échappe à la prison, je suis très très content»

L'avocate de la partie civile, Me Abadie-O'Loughlin, avait souligné la volonté du fils du couple que «justice soit faite pour sa mère» tout en souhaitant «une sanctione purement symbolique» pour son père. A l'énoncé du verdict, elle a fait part de sa «satisfaction», qualifiant toutefois le verdict de «sévère».

Interrogé par France Bleu Isère ce samedi 4 novembre, Hubert Ogier a exprimé son soulagement : «J'échappe à la prison, je suis très très content», a-t-il déclaré. «Je sais que j'ai fait une chose horrible, mais elle est faite. Je regrette la façon dont est partie ma femme, j'aurais voulu qu'elle meure de sa propre mort».

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