Les crues, ce phénomène météorologique qui inquiète

Villeneuve-Saint-Georges, mercredi 24 janvier 2018. Villeneuve-Saint-Georges, dans le Val-de-Marne, mercredi 24 janvier 2018.[© Thomas Samson / AFP]

Des voitures prises au piège, des péniches à la dérive, des habitations évacuées… Depuis quelques jours, l’Ile-de-France vit au rythme de la Seine, sortie de son lit.

Hier soir, quinze départements se trouvaient encore en vigilance orange aux inondations, avec un risque «de débordements importants». Et la tendance est encore susceptible de s’aggraver d’ici à la fin de la semaine, puisqu’une nouvelle perturbation est attendue aujourd’hui, selon Météo France. Une situation assez rare, due à un mois de janvier marqué par des précipitations largement excédentaires, aux conséquen­ces multiples.

Des inondations paralysantes

A Paris, le niveau de la Seine est scruté en permanence. Il a atteint les 5,3 m hier soir, et pourrait atteindre les 6,2 m samedi. Un niveau exceptionnel qui a imposé la mise en place de mesures spéciales pour aider la population. Des restrictions de circulation ont ainsi été imposées sur les berges, tandis que le trafic du RER C a quant à lui été arrêté jusqu’au 31 janvier. Hier soir, des mesures étaient également prises pour protéger les bâtiments historiques, comme le musée du Louvre. Dans la banlieue sud-est, particulièrement sinistrée lors de la crue de juin 2016, c’est l’armée qui a même été mobilisée pour faire face à l’importante montée des eaux, comme à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), afin d’évacuer les familles sinistrées vers des gymnases. Dans le Jura, la Loue a débordé sur les routes et douze communes ont ainsi renoncé à faire circuler leurs transports scolaires. A Sochaux, c’est un affluent du Doubs qui a envahi les locaux du sous-traitement automobile Faurecia et entraîné la fermeture de l’usine PSA. 

Une population plus vulnérable

Ce phénomène climatique inquiétant semble avoir subi un coup d’accélérateur ces dernières décennies. Si les plus anciennes grandes crues officiellement recensées datent de 1876 et 1910 et sont donc espacées de plus de trente ans, selon la DRIEE (Direction régionale et interdépartementale de l'environnement et de l'énergie), les plus récentes ne le sont, elles, que de moins de deux ans. Et la situation pourrait empirer dans les années à venir. «Les pluies seront de plus en plus fréquentes en hiver, dans le nord de la France et de l’Europe», explique Frédéric Nathan, prévisionniste de Météo France. Avec le danger de voir les crues se multiplier si les infrastructures ne suivent pas. Des propos corroborés par une étude du Potsdam Institute, qui lie le réchauffement climatique à ce risque d’inondations fluviales. Pour Joël Hoffman, directeur adjoint de Vigicrues, ces dernières vont surtout «induire des dommages beaucoup plus importants qu’avant». Car l’homme a adopté, au fil des années, un comportement problématique, en multipliant les constructions dans des zones inondables.

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