Cinq ans au Vatican : l'empreinte du pape François

Le Pape François à la fenêtre du palais du vatican lors de la prière de l'Angelus, le 11 mars. Le Pape François à la fenêtre du palais du vatican lors de la prière de l'Angelus, le 11 mars.[Filippo MONTEFORTE / AFP]

Le style simple et le discours politique engagé du pape François se sont peu à peu imposés au Saint-Siège. 

C’était le 13 mars 2013. Un mois après la démission inédite de Benoît XVI, la cheminée de la Chapelle Sixtine, à Rome, délivrait une fumée blanche. Le conclave s’était choisi un pape en la personne du cardinal argentin Jorge Mario Bergoglio. Cinq ans plus tard, le premier pontife sud-américain, qui a pris le prénom de François en hommage à Saint François d’Assise, a imprimé sa marque au Vatican. 

Son attitude modeste et proche des exclus, associée à un discours engagé dépassant le cadre traditionnel de l’Église, ont bousculé la Curie. Un réformisme revendiqué par le principal intéressé, qui ne compte pas en rester là. 

Renouveau et retour aux sources

Quelques gestes symboliques ont suffi à donner le ton. Dès son entrée en fonction, le pape François, qui a refusé l’appartement pontifical dans le palais du Vatican au profit d’un logement de 50 m2 dans une résidence, a fait installer des douches pour les sans-abris de la place Saint-Pierre. Et le discours a suivi les symboles, l’Argentin n’hésitant pas à pourfendre la toute-puissance de la finance et à appeler à plus de justice sociale. 

Une priorité donnée aux exclus qui tranche avec ses prédécesseurs, mais qu’il présente comme le vrai sens des Évangiles. Dans la même perspective, François n’a cessé de s’adresser aux «périphéries», multipliant les voyages auprès de communautés catholiques minoritaires dans leurs pays, comme en Turquie en 2014, au Sri-Lanka en 2015 ou au Bangladesh en 2017.

L’Argentin a en outre développé un discours favorable à l’accueil des migrants, illustré, là encore, par des gestes symboliques. Déplacement sur l’île de Lampedusa en 2013, accueil de familles syriennes au Vatican en 2015, messe à la frontière entre les États-Unis et le Mexique en 2016... Toutes les initiatives sont bonnes pour rappeler que «nous sommes tous des migrants», comme il l’avait lancé lors d’un déplacement sur l’île grecque de Lesbos. 

Le pape s’est également emparé à bras le corps de la problématique écologique dans son encyclique «Laudato Si’» (2015). Dans ce texte «sur la préservation la maison commune», François critique le consumérisme et appelle à un partage plus équilibré des ressources. Enfin, le souverain pontife a entrepris une vaste réforme de l’Église elle-même, entre assainissement des finances du Vatican et création d’une Commission de protection des mineurs.

Des chantiers au long cours

Sa volonté de changement au sein de sa propre institution se heurte néanmoins au poids des traditions. Sa réforme économique de la Curie avance ainsi au ralenti, freinée par des réticences internes. De même, son traitement des scandales de pédophilie dans l’Église est décrié par de nombreuses associations, qui jugent son engagement insuffisant. Les deux seuls membres de la commission d’experts sur le sujet représentant les victimes ont d’ailleurs démissionné l’an dernier, dénonçant un manque de coopération au sein du Vatican. 

Enfin, le statut des femmes dans l’Église, que François plaide pour améliorer, n’a pas connu de révolution depuis son arrivée. Au contraire, une enquête parue récemment dans L’Osservatore Romano, le quotidien du Saint-Siège, dénonçait les conditions de travail des religieuses.

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