Bioéthique : PMA et fin de vie restent les principaux sujets de discorde des Etats généraux

Lors de la gaypride à Paris en 2013, des manifestants demandent l'extension de la PMA.[LIONEL BONAVENTURE / AFP]

Le rapport de synthèse des Etats généraux de la bioéthique, consécutif aux débats organisés entre mi-janvier et fin-avril en régions et sur le net, sera rendu public ce mardi 5 juin.

Le comité consultatif national d'éthique remettra le texte à l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), afin d'aider le gouvernement à rédiger un projet de loi de bioéthique, attendu à l'automne au Parlement.

Un texte qui doit permettre de réviser la loi de 2011, qui avait notamment permis une avancée en termes de don croisé d'organes en cas d'incompatibilité entre proches.

Deux thèmes polémiques

Sur les neuf thèmes au programme de ces Etats généraux de 2018 (recherche sur l'embryon, don d'organes, intelligence artificielle....), deux d'entre eux ont particulièrement cristallisé les polémiques et mobilisé le public.

La PMA (procréation médicalement assistée)

La semaine passée, une cinquantaine de parlementaires de la majorité a appelé à légaliser la PMA pour toutes les femmes, célibataires ou en couple hétérosexuel ou homosexuel.

Une pratique aujourd'hui exclusivement réservée aux couples hétéros en âge de procréer et dont au moins l'un des deux membres est stérile.

Mais, les députés LREM rappellent que cette extension est un engagement de campagne d'Emmanuel Macron, et qu'à ce titre il doit être respecté.

Qu'en pense l'opinion ?

Quand six Français sur dix se disent favorables à l'extension de la PMA à toutes les femmes, une partie de la société civile continue à la dénoncer, à l'instar de la Manif pour tous, qui insiste, elle, sur le fait que les enfants grandiraient sans père.

Quoi qu'il en soit, cette pratique paraît bien intégrée dans l'Hexagone, puisque l'Ined (institut national d'études démographiques) dévoilait ce lundi qu'un enfant sur trente était conçu grâce à la PMA.

La question de la fin de vie

La fin de vie a également été débattue lors des Etats généraux de la bioéthique, qui ont mis au jour les profondes divisions sur le sujet entre partisans d'une évolution radicale et défenseurs du statu quo; même s'il est fort probable que la question fasse l'objet d'un texte à part.

La dernière loi sur le sujet, appelée Claeys-Leonetti (2016), prévoit entre autres un «droit à la sédation profonde et continue», autrement dit le droit d'être endormi définitivement pour les individus dont le pronostic vital est engagé à court terme.

Partisans et opposants de l'euthanasie s'accordent sur un même constat : s'il fallait donner plus de droits dans la fin de vie, cela impliquerait d'autoriser l'euthanasie ou le suicide assisté.

L'euthanasie reste une question qui fait appel aux convictions éthiques et religieuses de chacun. La souffrance d'une personne gravement malade, handicapée ou accidentée, sans espoir de rémission, justifie-t-elle de mettre fin délibérément à sa vie?

Intervention de la philosophe Corinne Pelluchon, spécialiste de la question de la fin de vie / Espace Ethique

Les opposants les plus actifs se trouvent du côté des croyants. Les trois grandes religions monothéistes y sont hostiles, l'assimilant à un homicide.

Les militants de l'euthanasie se trouvent chez des associations comme l'Association pour le droit de mourir dans la dignité, présidée par Jean-Luc Romero. Il a publié en avril une «Lettre ouverte à Brigitte Macron» où il déplore que «la France ne propose que le laisser mourir... de faim et de soif».

En avril, le Conseil économique, social et environnemental (Cese), assemblée consultative, s'était prononcé pour la «sédation profonde explicitement létale», donc dans les faits pour l'euthanasie...

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