Un interminable déluge

Des pompiers viennent secourir des habitants piégés par la montée des eaux, près de Tarbes (Haute-Pyrénées), le 3 juin 2018. [LAURENT DARD / AFP]

Tous les jours, la même impression d'apocalypse : un ciel déchiré par les éclairs et des torrents de pluies. Depuis plusieurs semaines, l'Hexagone est frappé par une vague orageuse d'une intensité exceptionnelle.

Ainsi, ce mardi 5 juin au soir, 28 départements du pays étaient encore placés en vigilance orange par Météo France.

Une alerte courant au moins jusqu'au lendemain matin, et qui continuait de susciter une vive inquiétude.

Des conséquences catastrophiques

Depuis le début des intempéries, aucune région n'a été épargnée, avec des repercussions dramatiques. Hier, dans l'Eure, un homme de 37 ans a ainsi été retrouvé noyé dans son véhicule sur une route départementale.

Un décès qui s'ajoute à celui d'une fillette en Mayenne, le 26 mai, mortellement blessée par la chute d'une branche d'arbre. Mais les dégâts sont aussi matériels.

C'est notamment le cas dans le centre-ville de Morlaix (Finistère), dévasté le week-end dernier par les inondations puis la boue, et où les commerces ne devraient rouvrir qu'aujourd'hui.

Une situation comparable à Tarbes (Hautes-Pyrénées), où il est tombé, lundi, 30 mm d'eau en à peine 30 minutes.

Dans le même temps, ces derniers jours, plusieurs départs de feu ont été recensés dans le Nord à cause de la foudre, qui a notamment frappé une ferme où se trouvaient des enfants et une personne âgée.

Plus au sud, dans le bordelais, la grêle a ravagé près de 7.100 hectares de vignobles. Et la capitale ne fait pas exception. Dès le 29 mai, l'équivalent d'une semaine de pluie était tombée en seulement 18 minutes dans les rues de Paris.

Et, hier, un nouveau record de bouchons (588 km) a été constaté sur les routes de la région.

Une situation amenée à se répéter

Si le mois de mai correspond souvent au début de la saison des orages, c'est la durée du phénomène, inhabituellement longue, qui interpelle aujourd'hui.

Elle s'explique «par un anticyclone vissé sur la Scandinavie depuis la mi-mai», analyse Christelle Robert, prévisionniste à Météo France.

Résultat : plus de 182.000 impacts de foudre ont été relevés au sol en un mois. Du jamais-vu depuis le début des années 2000. 

Le réchauffement climatique pourrait être l'un des facteurs, selon Christelle Robert. Or, une hausse des températures augmente l'évaporation de l'eau, qui se retrouve alors dans l'atmopshère en plus grande quantité. 

«Plus que des orages, ce sont surtout des cumuls de pluies abondants se formant en très peu de temps» qui pourraient se reproduire à l'avenir, explique la spécialiste.

Quant à savoir si cet épisode orageux aura une incidence sur l'été à venir, il est encore trop tôt pour le dire.

Seule certitude, les ennuis ne sont pas finis à court terme, puisque ces épisodes sont prévus pour durer au moins jusqu'à mardi prochain. 

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