Trois proches d'un kamikaze du Bataclan jugés à Paris

Les attentats perpétrés par un commando jihadiste en novembre 2015 ont fait 130 morts à Paris et en Seine-Saint-Denis.[CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP]

Trois jeunes du Bas-Rhin, qui voulaient partir en Syrie quelques mois après l'attentat du Bataclan, dont ils connaissaient l'un des kamikazes, vont être jugés lundi et mardi au tribunal correctionnel de Paris.

Le 17 janvier 2017, Mustafa S. (24 ans à l'époque), Alperen C. (21 ans) et Saïd I. (30 ans), originaires de la ville de Wissembourg (Bas-Rhin) étaient interpellées, puis mis en examen et incarcérés pour association de malfaiteurs à visée terroriste. Ils encourent jusqu'à dix ans de prison, dans un contexte de sévérité accrue de la justice qui tend à considérer que tout départ en Syrie après les attentats de 2015 nourrit une vocation terroriste.

Pour les enquêteurs, leur projet de départ en Syrie a germé en 2015. Et ils n'y ont pas renoncé après les attentats perpétrés par un commando jihadiste en novembre 2015 qui ont fait cent-trente morts à Paris et en Seine-Saint-Denis.

En mai 2016, leur tentative en voiture tourne court. Ils racontent aux enquêteurs avoir fait demi-tour à la frontière entre l'Autriche et la Slovénie, l'un d'eux n'ayant pas sa carte d'identité sur lui. Interrogés à leur retour en France par les services de renseignement, ils sont laissés libres mais placés sur écoute. En septembre 2016, Mustafa S. fréquente pendant quelques mois le centre de déradicalisation de Pontourny (Indre-et-Loire), fermé l'été suivant faute de résultats probants selon le gouvernement.

Un séjour d'un mois en Syrie

Les trois hommes sont finalement arrêtés début 2017, notamment après des écoutes téléphoniques qui auraient confirmé leur radicalisation. Ils gravitaient depuis plusieurs années autour de la filière jihadiste du Bas-Rhin, dont une dizaine de membres sont partis en Syrie à la fin 2013. Parmi eux, Foued Mohamed-Aggad, l'un des kamikazes du Bataclan.

Mustafa S. aurait fait de même si son père et son frère ne l'avaient rattrapé de justesse à l'aéroport de Francfort (Allemagne) le 17 décembre 2013 alors qu'il s'apprêtait à s'envoler pour Istanbul (Turquie). C'est ce même vol qu'a pris Foued Mohamed-Aggad, qui ne reviendra sur le sol français que pour commettre un attentat. Alperen C. a quant à lui reconnu avoir soutenu des groupes jihadistes à partir de 2014, et avoir séjourné la même année en Syrie pendant un mois.

Plusieurs jeunes issus de filières jihadistes de l'est de la France ont été jugés ces dernières années et condamnés à de lourdes peines. Karim Mohamed-Aggad, le frère du kamikaze, a ainsi vu en mai 2017 sa peine de neuf ans de prison confirmée en appel.

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