Une campagne contre l'homophobie choque les militants LGBT

Une méthode qui n'est pas du goût de nombreux militants LGBT[PAU BARRENA / AFP]

Depuis le 15 août, plus d'un millier de panneaux publicitaires, portant des slogans contre l'homophobie, ont fleuri dans des villes françaises, anglaises et autrichiennes. Mais cette nouvelle campagne choc ne passe pas auprès des militants LGBT.

«Pour qu'une femme aime les hommes, rien ne vaut un viol collectif», «L'époque où l'on torturait les homosexuels n'est pas si lointaine. Elle est à trois heures d'avion», peut-on lire sur ces panneaux JC Decaux. 

«provoquer un maximum de réactions»

Et pourtant, cette campagne lancée par le magazine autrichien «Vangardist» vise avant tout à dénoncer les actes homophobes. «L'objectif principal est simple : nous voulons obliger le regard des passants à se poser sur ces affiches, et provoquer un maximum de réactions», a expliqué Alain Roussel, directeur de l'agence de communication Serviceplan, qui a conçu l'affiche, dans un communiqué. 

Avec ces slogans chocs, le magazine autrichien et l'agence de communication espèrent pousser la population à signer «une pétition mondiale visant à obtenir des Nations unies l'inscription des droits des personnes LGBTQI à l'article 2 de la Déclaration universelle des droits de l'homme», peut-on également lire dans ce communiqué. 

Une méthode qui n'est pas du goût de nombreux militants LGBT, dont Alice Coffin, coprésidente de la Conférence européenne lesbienne, qui pointe du doigt le caractère «inadéquat et inapproprié» des slogans.

le risque de prendre les slogans au premier degré

«Au vue de la typographie utilisée, beaucoup de personnes prennent ce message au premier degré», a-t-elle expliqué au micro de Franceinfo. «Certains peuvent penser qu'il s'agit d'un message parmi d'autres, et être désorientés face à l'agressivité de ces propos», a-t-elle ajouté. 

Le directeur de l'agence de communication, Alain Roussel, assume malgré tout le ton de ces affiches. «Mais si on est trop convenu, on n'arrive pas à provoquer la mobilisation escomptée», s'est-il défendu, à Franceinfo. «Et si on est trop choquants, on peut avoir les effets inverses de ce qu'on visait au départ...»

Ce n'est pas la première fois que le magazine «Vangardist» fait parler de lui pour ses initiatives chocs : en 2015, le sang de trois personnes séropositives avaient été ajouté à l'encre d'impression d'un numéro.

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