Elections européennes : les gilets jaunes parviendront-ils à présenter une (ou plusieurs) liste(s) ?

[NICOLAS TUCAT / AFP]

Faut-il que ce mouvement né de la rue intègre le système politique en présentant une liste à l'élection européenne des 25 et 26 mai prochain ? C'est la question qui divise au sein des gilets jaunes. Et si certains avaient tranché en faveur de la voie démocratique, les récentes défections rendent incertaine la présence d'une (ou de plusieurs) liste(s) de gilets jaunes aux européennes.

Vendredi 26 avril, au lendemain des annonces d'Emmanuel Macron, Thierry Paul Valette, issu du collectif «Gilets jaunes citoyens», a annoncé qu'il renonçait à se présenter. Pour expliquer cette décision, le leader a invoqué le manque de réponses données par le chef de l'Etat lors de son allocution tant attendue de jeudi dernier. 

Avant lui, Ingrid Levavasseur, figure controversée du mouvement, avait aussi abandonné. L'aide-soignante qui devait être chef de file d'une liste avait annoncé son renoncement en mars dernier. 

De nombreuses listes annoncées

La liste du «Ralliement d'initiative citoyenne» (RIC), dont est issue Ingrid Levavasseur, a été reprise par le gilet jaune Jérémy Clément au côté du cofondateur du collectif Frédéric Mestdjian. Le 24 avril, Jérémy Clément a confirmé sur l'antenne de CNEWS son intention de présenter une liste dont le chanteur Francis Lalanne devrait faire partie. Toutefois, le chef d'entreprise a évoqué ce jour-là une liste «citoyenne». 

D'autres listes se revendiquant du mouvement des gilets jaunes ont été annoncées. C'est le cas des collectifs «Jaunes et citoyens» ou «Evolution citoyenne».

Le gilet jaune de l'Indre, Jean-François Barnaba, a également annoncé, le 22 mars, qu'il se lançait dans la course avec la liste «Jaunes et citoyens». Christophe Chalençon a quant à lui été désigné tête de liste d'«Évolution citoyenne».

La liste «L'Union jaune» annoncée par le Niçois Patrick Cribouw, le 19 mars, fait aussi partie des possibilités. De son côté, «Évolution citoyenne», fondée par Christophe Chalençon, se distingue par un positionnement bien plus à droite sur l'échiquier politique traditionnel. 

Le financement, principal obstacle 

Mais si de nombreuses annonces d'«intention de candidatures» ont ponctué ces derniers mois, l'incertitude persiste sur plusieurs points, à commencer par la question du financement. Le remboursement d'une partie des frais de campagne étant conditionné au recueil de 3 % des voix, l'aspect financier représente un véritable frein pour certaines formations. 

Patrick Cribouw a évoqué des promesses de dons, tandis que Frédéric Mestdjian a avancé la contribution d'un «financier». Quant à Christophe Chalençon d'«Évolution citoyenne», il a affirmé qu'il inviterait les électeurs à imprimer eux-mêmes leur bulletin de vote.

Des fusions envisagées ?

Pour rappel, un sondage Ifop-Fiducial, publié le 25 avril, créditait une liste unique éventuelle de «gilets jaunes» de seulement 2 % des intentions de vote.

Etant donné l'obstacle financier, la perspective d'une fusion de listes reste tout à fait envisageable. D'autant que certains leaders n'hésitent pas à faire des appels du pied à d'autres collectifs, à l'image de Frédéric Mestdjian, de Patrick Cribouw ou de Jean-François Barnaba. 

A contrario, «Evolution citoyenne» se montre totalement fermée à la possibilité de s'allier avec d'autres collectifs de gilets jaunes. 

D'ici au 3 mai, la date butoir pour le dépôt des listes en vue des élections européennes, tout pourrait donc arriver. 

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