Intrusion à la Pitié-Salpêtrière : ce que l'on sait

L'intrusion de gilets jaunes et de black blocs dans l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, en marge de la manifestation du 1er-Mai, contient des zones d'ombres que l'enquête ouverte devrait permettre d'éclaircir. Voici ce que l'on sait.

Une intrusion peu après 16h

Situé sur l'itinéraire de la manifestation du 1er-Mai qui devait s'achever Place d'Italie, l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière a fait l'objet d'une intrusion peu après 16h. «Les grilles de l'hôpital ont été forcées», a expliqué la ministre de la Santé Agnès Buzyn sur Europe 1, en sachant que l'hôpital avait pourtant mis en place un vaste dispositif sécuritaire pour se prémunir d'éventuelles violences. «La chaîne maintenant les grilles a cédé. Lorsque je suis arrivée, des dizaines de personnes étaient en train d'entrer dans l'enceinte de l'hôpital», a témoigné Marie-Anne Ruder. «Il y a peut être eu plusieurs vagues d'intrusions», a ajouté Agnès Buzyn. 

De nombreux manifestants remettent néanmoins en cause la version officielle défendue par les autorités et estiment qu'ils cherchaient à se réfugier dans l'hôpital pour échapper à une charge policière et aux nombreux gaz lacrymogènes.

BLOQUÉS DEVANT LE service de réanimation CHIRURGICALE 

Une fois dans l'enceinte de la Pitié, plusieurs personnes se sont dirigées, via un escalier extérieur, vers le service de réanimation chirurgicale où elles auraient essayé de forcer une porte que maintenait fermée une équipe de soignants. Derrière cette porte, des patients intubés, ventilés, à l'état de santé précaire. Les manifestants cherchaient-ils à échapper à la police  ? C'est ce que laisse à penser une vidéo d'un témoin publiée sur Facebook.

«Cela a duré deux ou trois minutes. Puis, la police est intervenue pour extraire les manifestants dans le calme et sans débordements. Aucun matériel n'a été dérobé dans le service de réanimation» explique à BFM un soignant.

Mais selon plusieurs témoignages de médecins, des exactions ont été commises en dehors du service de réanimation. Ainsi, le matériel informatique du service de chirurgie digestive aurait été vandalisé deux heures après l'intrusion selon le Professeur Mathieu Raux.

Plus de 30 gardes à vue

Les forces de l'ordre ont procédé sur place à une trentaine d'arrestations qui ont débouché sur des gardes à vue. L'établissement a porté plainte.

DES MOTIVATIONS FLOUES

En déplacement à l'hôpital, où un CRS a été admis pour une blessure à la tête, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a évoqué une «attaque». Sa présence et celle du policier à la Pitié-Salpêtrière ont-elles déclenché cette intrusion violente ? Impossible de le savoir pour le moment. Faut-il y voir une vengeance après les récents soupçons, non avérés, de fichage de gilets jaunes par l'AP-HP ? L'hypothèse ne peut être exclue.

Le précédent Necker

Le 14 juin 2016, des vitres de l'hôpital Necker-Enfants malades avaient été brisées par un manifestant masqué en marge d'un défilé contre la loi travail à Paris. 

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