80 km/h : un député LREM propose un «joker» pour les petits excès de vitesse

Et si l'Etat faisait une fleur aux automobilistes ? Alors que la limitation de vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires reste toujours très critiquée, près d'un an après son entrée en vigueur, Mickaël Nogal, député LREM de Haute-Garonne, propose de remplacer les amendes et retraits de points par un rappel à la loi pour les petits excès de vitesse.

Concrètement, si l'élu ne remet pas en cause la mesure, introduite en juillet 2018, il entend lui apporter «plus de souplesse pour mieux responsabiliser les citoyens». 

Il explique : «A la suite du grand débat et dans le cadre du séminaire gouvernemental (lundi 29 avril, ndlr) j’ai proposé qu’en cas d’excès de vitesse compris entre 1 et 9 km/h, il y ait un avertissement, sur papier ou dématérialisé, pour que le citoyen prenne conscience de ce qu’il a fait. Au bout de deux avertissements, la sanction s’applique».

Dans un contexte social tendu, marqué par le mouvement des gilets jaunes qui s'était fortement opposé à cette mesure, la proposition du jeune député toulousain de 28 ans rencontre un certain écho.

Surtout qu'aujourd’hui, un conducteur qui commet un excès de vitesse inférieur à 20 km/h sur ces routes du réseau secondaire (sans séparation de voies) limitées à 80 km/h, doit payer une amende de 68 euros, en plus de se voir retirer un point sur son permis de conduire.

Un compromis en forme de «gagnant-gagnant»

Pour Mickaël Nogal, sa suggestion est un compromis où chacun serait gagnant. D'après lui, «beaucoup de Français n’ont pas forcément bien perçu cette mesure d’intérêt général, prise pour préserver des vies car une route nationale sans séparateur central est plus accidentogène qu’une autoroute ou une rocade, reprend Mickaël Nogal. Certains l’ont pris comme une volonté de l’Etat de ponctionner plus d’argent aux usagers de la route. Avec cette proposition, c’est du gagnant-gagnant : les automobilistes seront plus vigilants et plus compréhensifs».

Reste cependant à savoir, comment concrètement, cette mesure pourrait être appliquée dans la réalité. Le député de la majorité présidentielle admet lui-même que les détails devraient être affinés avec les services de police et de gendarmerie, qui, assure-t-il «ont plutôt bien reçu» cette initiative.

En pratique, beaucoup de détails restent ainsi à régler comme le délai selon lequel le premier avertissement serait effacé, si le conducteur ne commet pas d'autre infraction.

A cet égard, sa proposition pourrait s’inspirer de la législation actuelle : lorsqu’un automobiliste auteur d’une infraction lui coûtant un point sur son permis de conduire n’en commet pas d’autres au bout de six mois, il récupère automatiquement son point.

«J’ai soumis cette idée, j’attends de voir ce que le gouvernement souhaite en faire. J’espère qu’elle recevra un accueil favorable», conclut Mickaël Nogal. 

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