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Journée internationale des enfants disparus : Estelle Mouzin, Marion Wagon, Jérôme Cantet... Ces affaires qui ont marqué la France

Marion Wagon a disparu le 14 novembre 1996 à Agen, sur les 400 mètres séparant son école du domicile familial. [GEORGES GOBET / AFP]

Estelle Mouzin, Marion Wagon, Jérôme Cantet... Ces noms se sont tristement retrouvés dans les journaux en raison de leur mystérieuse volatilisation. À l'occasion de la Journée internationale des enfants disparus, ce lundi 25 mai, voici plusieurs affaires emblématiques non élucidées qui ont secoué la France.

Habib Nedder (2014)

Hiver 2014. Jennifer Dana, mère du petit Habib, 13 mois, décide de confier à contrecœur son enfant à son père, avec qui elle est séparée et qui ne dispose pourtant pas de la garde alternée ce week-end. Le dimanche 19 janvier, la génitrice passe la soirée à attendre de récupérer son enfant. Elle ne le reverra plus jamais. 

Son ancien compagnon refuse de lui rendre Habib et s'enfuit. Le père sera retrouvé quatre mois plus tard, mort décapité dans une rivière de l'Ariège. Quant au bébé, il n'a jamais été retrouvé. Depuis, l'enquête patine. En 2022, des enquêteurs accompagnés de chiens spécialisés dans les recherches de restes humains sont revenus sur les lieux où le père a été retrouvé sans vie. 

Le bassin asséché grâce à des travaux réalisés par EDF a permis d'y voir plus clair mais n'a pas permis d'apporter des réponses à la mère endeuillée. Douze ans après le drame, Jennifer Dana continue d'honorer la mémoire de son fils, notamment sur les réseaux sociaux où une page Facebook lui est dédié

Mathis Jouanneau (2011)

Le 4 septembre 2011, la mère du jeune Mathis, 8 ans, signale la disparition de son fils, parti deux jours plus tôt en week-end avec son père, dans le cadre d’une garde alternée à Caen. Le père, Sylvain Jouanneau est retrouvé trois mois plus tard vivant mais sans le petit garçon. Depuis son arrestation, le père refuse de dire où se trouve l'enfant. Il répète inlassablement qu'il est vivant et qu’il l’a confié à des amis.

En juin 2015, Sylvain Jouanneau est condamné à vingt ans de réclusion pour enlèvement et séquestration. Onze ans plus tard, en avril 2026, le parquet de Caen demande que le père soit cette fois-ci jugé pour «meurtre sur mineur de 15 ans».

Estelle Mouzin (2003)

Alors âgée de 9 ans, la petite fille est aperçue pour la dernière fois le 9 janvier 2003 alors qu’elle rentrait de l’école, à Guermantes (Seine-et-Marne). Les policiers pensent initialement à une fugue et se mettent à sa recherche. Malgré les nombreuses enquêtes et les importants moyens déployés, la disparition d’Estelle Mouzin demeure un mystère.

Le 12 janvier 2003, les forces de l'ordre commencent à obtenir une piste sérieuse lorsqu'un homme laisse un message sur le répondeur de l'établissement scolaire de la petite fille et sur le répondeur de la mère. Il se présente comme le ravisseur d'Estelle Mouzin et affirme l'avoir «enlevé». Ajoutant : «elle sera rendue dans un TGV en direction de Paris».

En mars 2018, l’affaire a connu un nouveau rebondissement : lors d’une audition devant un juge d’instruction, le tueur en série Michel Fourniret «n’a pas nié être impliqué» dans la disparition de la fillette. Si ces déclarations ne constituent pas des aveux, elles permettent de relancer une piste déjà évoquée à plusieurs reprises. Le 6 mars 2020, Michel Fourniret reconnaît le meurtre d'Estelle Mouzin. Selon l'avocat de son ex-femme, ce dernier aurait kidnappé l'enfant pour «la séquestrer, la violer et l'étrangler». Le corps de la petite n'a jamais été retrouvé. 

Marion Wagon (1996)

Marion Wagon, 10 ans, a disparu en plein jour le 14 novembre 1996 à Agen, sur les 400 mètres séparant son école du domicile familial. Malgré la médiatisation de l’affaire – des millions d’affiches ont été imprimées et distribuées notamment sur des briques de lait – et de nombreuses pistes suivies, Marion Wagon demeure introuvable.

La piste Fourniret sera également suivie dans ce dossier avant d’être définitivement fermée en 2016. Cependant, en avril 2021, une nouvelle juge d'instruction a ordonné de nouveaux prélèvements ADN. Si, une nouvelle fois les recherches ne sont pas concluantes, l'affaire a été prise en main par les juges du pôle «cold case».

Jérôme Cantet (1991)

Le samedi 14 décembre 1991, Jérôme Cantet, âgé de 10 ans, souhaite faire plaisir à sa mère en lui achetant un petit canard doré orné d’une perle brillante sur le front. Il se rend dans un magasin situé à La Défense. Sa mère l'attend en haut de l'escalator. Il ne reviendra jamais. Seul son skateboard est retrouvé près du parking de la Coupole. 

La première piste envisagée est celle du père, un trafiquant de drogue, recherché par la police. Ce dernier nie les accusations. La piste ne tient pas la route car la mère, séparée de son compagnon, l'autorise à voir son fils à tout moment. Les recherches continuent en vain. L'année d'après, en 1992, la mère reçoit un mystérieux appel d'un enfant, qu'elle identifie comme son fils, la supplie de venir le chercher. «Maman, maman, je vais mourir, il me bat !», crie-t-il. Cet appel n'a jamais permis de retrouver l'enfant. 

Charazed Bendouiou (1987)

Le 8 juillet 1987, Charazed Bendouiou, 10 ans, descend jouer, seule, dans la cour de son immeuble à Bourgoin-Jallieu. Depuis, personne ne l'a jamais revue.

La première enquête sera close en 1989. Et ce n'est qu'en 2005 que Charazed sera inscrite sur le fichier des personnes disparues. Alors que le dossier est lié à la vaste affaire des «Disparus de l'Isère», les investigations sont de nouveau relancées en 2017, trente ans après la disparition de Charazed. Le 25 novembre 2024, la famille voit ses espoirs renaître. Un homme de 63 ans est arrêté près de Dijon, soupçonné d'avoir assassiné deux enfants entre 1988 et 2000, Nathalie Boyer et Laïla Afif. Il pourrait également être responsable du meurtre de Charazed Bendouiou.

Ludovic Janvier (1983)

Ludovic, 6 ans, est enlevé en pleine rue à Saint-Martin-d’Hères (Isère) sous les yeux de son grand-frère, Jérôme, un an plus âgé. Ce jour-là, ce dernier et ses deux petits frères, Ludovic et Nicolas, vont acheter des cigarettes pour leur père lorsqu’un homme les aborde. Ce dernier leur promet des bonbons s’ils acceptent de l’aider «à retrouver son chien». «J’ai laissé Ludovic partir avec cet homme. Quand j’ai vu le regard qu’il me lançait, j’ai compris que j’avais fait une bêtise, mais c’était trop tard», explique Jérôme. 

Quelques mois plus tard, une greffière du tribunal de Grenoble reçoit un appel d’un interlocuteur anonyme qui affirme que le garçonnet est en bonne santé et a été accueilli par un couple en mal d’enfants. L’affaire, qui pourrait être liée aux «disparus de l’Isère», a connu de multiples rebondissements, entre fermetures d’enquête, non-lieu, réouverture… En 2015, de nouvelles investigations étaient lancées sur ordre de la cour d’appel de Grenoble.

Yves Bert (1977)

Le 3 février 1977, Yves Bert, 6 ans disparaît dans des circonstances mystérieuses à Lyon. Comme chaque jour, son frère aîné, 9 ans, l’attend à la sortie de l’école pour rentrer ensemble mais le garçonnet ne réapparaîtra jamais. Selon le concierge de l’école, le petit Yves est pourtant bien sorti de l’établissement, aux côtés d'une petite fille.

En 1978, l’affaire rebondit lorsque les parents reçoivent une lettre anonyme évoquant l’enlèvement de l’enfant. Depuis, Yves Bert n’est jamais réapparu. «Je suis toujours dans cette interrogation trouble. Il a fallu tenir et faire front pour son frère Yannick. Nous n'avions pas d'autre choix que de faire face. C'était ça ou le suicide», racontait la mère de l'enfant dans un entretien accordé au Parisien en 2017.

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